Etre surdoué, un cadeau empoisonné ?

“Ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est toi” disait Cocteau…

On ne va pas se mentir : le sujet est à la mode ! Et comme tous les bons filons, encore peu exploités et un peu méconnus, en tout cas du grand public, et bien tout ie monde s’y engouffre avec plus ou moins de succès, livres et essais, meet-ups, réunions plus ou moins secrètes, spectacles… et bientôt film j’en suis sûre.

De ce fait, mon objectif reste très modeste. Petit témoignage et surtout grand questionnement, pas tant sur le passé et le présent que je connais forcément de manière empirique, mais plutôt sur le futur de ces populations qualifiées de Haut Potentiel ou HP (on est ici dans la dénomination la plus politiquement correcte pour l’entreprise mais source de beaucoup de confusion car faisant référence à des choses différentes) et surtout sur leur futur professionnel avec cette interrogation permanente : “Quel bonheur pour un HP au travail ? Quel épanouissement peux t’on leur promettre”. A l’heure où le bien-être au travail est de moins en moins galvaudé et où cette question n’est plus le seul apanage des responsables QVT, comment peux-t’on également s’occuper de cette minorité au travail qui, avouons-le, jusqu’à maintenant n’a guère passionné les foules et les RH… ?

Avec en filigrane, une autre question ? Juste pour tordre le cou aux idées reçues : “Est-ce que d’être surdoué nous rend plus heureux au travail ? Et si ce n’est pas le cas, comment faire pour intégrer cette minorité encore méconnue et ressentie comme un peu menaçante ou différente ?

Alors laissez-moi vous raconter mon histoire. Moi, petite dernière de la tribu des HP, zèbres, multi-potentiels, atypiques, hyperactifs, hybrides, surdoués… et tout ce qui s’ensuit… J’utiliserai ici la dénomination la plus simple (HP) étant entendu que tous les termes utilisés ne sont pas des qualificatifs suffisants et satisfaisants pour expliquer le mode de fonctionnement d’une intelligence qui n’est pas supérieure au sens propre du terme mais qui est différente. Déductive, assimilative, comparative. Donc indulgence quand au terme surdoué et surtout pas de complexe d’infériorité qui n’a pas lieu d’être ici 🙂
Mon histoire n’a rien d’unique, ni d’exceptionnel. Elle illustre justement parfaitement mon propos car justement elle est la même que celle de milliers d’entre vous, d’entre nous, qui nous cherchons et sommes dans cette quête permanente de compréhension de notre différence et dans le recherche de l’acceptation de qui nous sommes, de notre manière de fonctionner, de nos désirs si hétéroclites, de nos aspirations vers tout et son contraire, de notre quête d’absolu et de perfectionnisme.. Et quelle joie quand nous comprenons enfin et que nous nous reconnaissons dans cette description. D’où l’utilité de faire le test quand un doute subsiste…

Alors, voilà. D’abord le syndrome de la bonne élève, typique du HP dans cette volonté de bien-faire, de satisfaire, de rentrer dans le rang dont intuitivement il sent qu’il sort tout le temps. Le HP est dans l’effort constant pour s’adapter et s’aligner (mais pas dans le bon sens). Et franchement, c’est fatiguant, épuisant et ça mène tout droit au burn-out !

J’étais attirée par des études artistiques qui me permettraient d’exprimer toute cette sensibilité, cette émotivité que je ne savais traduire par des mots, cette poésie, cette intuition et ce sens du juste mais peur, famille, raison, méconnaissance de moi m’ont guidé vers une voie plus traditionnelle, plus rassurante, sécurisante et à coup sur, plus rémunératrice.

Donc etudes supérieures. Pas spécialement adaptées à mon envie de “tout”, à savoir être sage-femme et ambassadeur, chercheur et polyglotte, journaliste et décoratrice, à avoir du temps pour moi et et gagner de l’argent, à voyager et m’occuper de mes proches… Mission accomplie. Avec mêmes de brillants résultats mais hélas déjà ce sentiment d’ennui, de désoeuvrement, de talents inexploités, de mécontentement, de frustrations, de monotonie, de déception…. bref la conscience épidermique de ne pas m’être réalisée… et le commencement de la quête…

A travers la carrière, les voyages, le sport, les rencontres, l’ésotérisme et la spiritualité, le travail psychologique et analytique.. tout ceci avec un seul but. Comprendre cette soif d’absolu et d’insatisfaction constante.

Combien de fois ai-je entendu de la part des recruteurs que la variété de mes centres d’intérêts, ma volubilité, ma gestuelle d’une part et surtout mes changements de postes d’autre part démontrait mon instabilité, mon inconstance et donc mon incapacité à me concentrer (dans leur bouche donc à être fiable) alors que tout au contraire mon fonctionnement me fait appréhender les choses avec plus de perspicacité et d’acuité surtout si elles sont variées, multiples, complexes et surtout diversifiées. Et hors de question de parler d’ennui car on vous taxerait de d’inconsistance et de superficialité ! Candidat au burn-out a t’on dit ? Et si nous parlions du bore-out ?

Ne nous leurrons pas. Etre HP n’est ni un drame ni un cadeau. Ni un gage de bonheur ni de malheur mais c’est certes une différence et pas besoin d’un dessin pour savoir comment on traite la différence en règle générale….

Comme beaucoup d’entre vous, j’aime ce qui est inconnu. Je suis très curieuse. Tout m’intéresse. J’aime l’aventure, pas pour le danger, mais parce que cela m’emmène hors des sentiers battus et cela me fait vibrer. J’aime les défis, non pour les relever et m’en enorgueillir, mais simplement parce ce que c’est nouveau, inconnu et donc réjouissant et excitant. Lors de mes expériences professionnelles, j’ai souvent été accusée d’aller trop vite, d’aller trop loin, d’en vouloir trop…. Si le HP réclame de l’attention, des postes plus élevés, un périmètre d’action plus grand, ce n’est certainement pas par ambition, c’est pour maintenir son attention et son efficacité intactes, son investissement pérenne. C’est parce qu’il fait le tour des choses plus vite et qu’il a besoin de plus de choses. De stimulation. Sous toutes ses formes. Intellectuelles et prosaïques. C’est pour cela que les HP sont naturellement prédisposés à des postes liés à l’innovation et à la “disruption”.

Attention, je n’aime ni les clans ni les étiquettes (surtout si elles sont immuables) et je n’aime pas le sentiment d’exclusion. Sentiment que j’ai ressenti bien souvent dans ma vie. Et je n’aimerai pas que cette douance, m’isole des autres par un système de pensée similaire à celui-là même qui m’a exclu. Attention aux relations consanguines, aux clubs surtout s’ils sont élitistes, attention à l’entre-soi et au sentiment rassurant que peut procurer le fait de se retrouver entre gens de bonne et surtout de “même” compagnie… Attention à ne pas reproduire que ce nous avons honni….

La douance et les qualités qu’elle engendre – une insatiable curiosité, la juste appréhension immédiate des problématiques systémiques en jeu et et la visualisation innée des solutions possibles, une vélocité inimaginable, une profonde humanité, une extrême sensibilité, une empathie hors du commun, des capacités intuitives indescriptibles – combinées à des compétences analytiques, techniques et académiques, peut et devrait être un atout plus que déterminant pour une entreprise !

C’est exactement la même source de questions et problématiques que l’on retrouve autour des softs skills (compétences comportementales) : méconnues, pas ou peu maitrisées, donc pas ou peu valorisées alors que la compétitivité de demain se trouve justement dans ce cinquième pouvoir ! Celui de l’intelligence humaine et émotionnelle.
Le HP est un soft leader et ses qualités obscures et incomprises jusque maintenant sont en réalité le moyen voire la solution à l’expression et la reconnaissance des talents de demain. Ceux-là mêmes qui changeront le monde. Rappelez-vous Steve, Larry, Mark…. Nos chers millenials en sont un si bon exemple…

Ce monde idéal où les HP sont reconnus, acceptés et encouragés, est simplement ce monde dans lequel la logique RH est orientée vers les talents et non vers les compétences. Et tout l’intérêt de cette gouvernance avant tout humaine est qu’elle est dirigée et guidée par l’être humain et non par la recherche seule des résultats, de la compétitivité et du leadership monopolistique.

Tout l’enjeu ne sera pas seulement d’attirer ces talents ou de les détecter (toutes les nouvelles méthodes de management basées sur un plus grand dialogue et une communication transparente, acceptée, encouragée et constante favorisent considérablement le repérage de ces profils. Non. Le véritable défi sera de les retenir !

Et pour les retenir, la RH de demain doit recruter différemment, intégrer avec bienveillance, repenser la performance, créer de nouveaux objectifs et de nouvelles structures, accepter et encourager la différence pour l’expression des talents et des potentiels. C’est exactement la tendance et c’est donc profondément encourageant…

Elise Taub

2017. Quel avenir pour le HAW ?

Alors que le périlleux exercice de vœux bat son plein, il serait intéressant de se pencher un peu sur notre sujet professionnel favori à savoir la quête et la construction (non pas d’un monde meilleur quoique ?) d’un travail plus épanouissant, d’un environnement de travail plus bienveillant, de relations plus saines et satisfaisantes…  afin de savoir quel est le bilan de l’année 2016, quelles sont les tendances de 2017 et d’y ajouter en poudre de perlimpinpin nos souhaits pour cette année aussi.

Tout d’abord, l’année 2016 a été un incroyable accélérateur si ce n’est de bonheur en tout cas de réflexions autour du sujet. De toutes part, articles, reportages TV & radio, sondages et enquêtes sur le bonheur au travail, la QVT, la RSE,  les fonctions émergentes (cf article précédent sur le CHO), les témoignages d’entreprises heureuses et novatrices, les forums, conférences et interventions sur le sujet… bref un véritable engouement pour le sujet.

Rappelons que le fameux sujet est aussi vaste que le nombre de personnes qui en parlent et qu’aujourd’hui encore malgré toute la bonne volonté des gens concernés, la notion de bonheur au travail est encore assez floue, fluctuante, hélas encore trop souvent perçue comme candide, mièvre ou inappropriée, certainement pas assez professionnalisée et avec des contours aussi large que la Philosophie en général.

Donc si l’année 2016 a permis l’émergence du concept, la validation de son existence et de sa pertinence, la mise en lumière de certains acteurs médiatiques, reconnus et compétents, 2017 nous invite clairement à mieux définir ce que cela comprend afin d’être plus pertinent et convaincant face aux Comex, Codir et autres actionnaires quand à la nécessité de s’en préoccuper et pas qu’un peu !

Et donc :

  • le premier enjeu consiste à “professionnaliser” (dans le sens de légitimer) le concept et les fonctions afférentes spécifiquement liées au Bonheur au Travail.  En effet, l’effet pervers du succès, c’est la popularisation à outrance et la banalisation, c’est que tout le monde se proclame spécialiste et expert mais sans que personne n’ait en commun d’expérience, de formation ou de tronc commun qualifiant. La réflexion et le travail entamé par la Fabrique Spinoza, basés sur des études scientifiques, la co-reflexion et la co-création citoyenne ainsi qu’un dialogue permanent avec différentes sommités confluantes au sujet, me parait très constructive et peut donner des bases solides. De même, plusieurs formations ont vu le jour en 2016 et continuent d’être programmées pour 2017 ce qui laisse présager une réflexion de plus en plus solide et pertinente sur le sujet. Des formations crédibles, adaptées , reconnues et qualifiantes sont nécessaires pour faire évoluer les mentalités et répondre à la demande croissante de personnes en recherche de sens et de bagages solides.
  • le deuxième enjeu réside dans l’incarnation de ces valeurs. En effet, toute initiative, nomination, ligne budgétaire ne saurait exister et être crédible et durable sans l’appui manifeste et revendiqué d’un référent, garant de cette démarche. Le dirigeant lui-même. Le soutien affiché du CEO / Pt / DG…. est obligatoire à la pérennité des actions entreprises en vue d’un mieux-vivre et mieux travailler. Obligatoire. Nécessaire. Requise. Le changement induit par une transformation des habitudes et des mentalités quand à la productivité, la satisfaction et le sens entre autres, doit absolument être porté par un leader visionnaire qui incarnera lui-même ces valeurs et les crédibilisera auprès des instances dirigeantes.
  • le troisième enjeu enfin c’est de rendre le métier et l’approche scalable, replicable et profitable. J’entends ici quelques grincements de dents quand à l’antagonisme profond entre les notions d épanouissement personnel et de profitabilité pour l’entreprise. Mais il n’est plus à démontrer que le premier sert le second. Il appartient désormais aux pionniers du secteur de prouver la corrélation intime entre les deux et donc le switch inéluctable que doivent opérer les entreprises dans leur manière d’approcher leurs collaborateurs et de leur proposer une nouvelle manière de travailler

Enfin, bien sûr, tout cela ne sera possible qu’au prix de quelques efforts. Efforts sur nous-mêmes avant tout.

Effort d’ouverture :  à la nouveauté, à la différence, à la disruption.

Effort de bienveillance : soyons bienveillants, même si déterminés et ambitieux, quand à ce que nous attendons de nous-mêmes et des autres.

Efforts de curiosité afin de rester alerte et en progression.

Et enfin effort d’inspiration avec en filigrane cette question : “comment garder la flamme et comment la transmettre ?”. Car tout est question d’inspiration….

Alors, le Bonheur au Travail, rêve ou réalité pour 2017 ?

 

 

 

 

 

 

 

Please, stop asking for resume….

 

Are you not fed up, not to say just bored, about asking for resume ?

Are you not just totally exhausted at the simple idea to have to study and read hundreds of them ?  Knowing, from the beginning, that it will just be a listing of standardised actions, name dropping on companies and exhibitions of diplomas from, let’s hope for the candidate, prestigious universities or international business schools.

I’ve never seen anything as discrimative as a resume. And as poor….

No human sign. No possibility to introduce yourself, to present your achievements and failures, to explain the reasons why you did this or that. Not a line to describe who you really are and what are your drivers and convictions !

Just a sheet of paper. As short as possible (as if a life could be summed up in one page ! ). Just words and possibly figures (it is damned so important to show up the positive actions you had on your job by showing the increase on sales, on satisfaction, on i do not know what !  Invent !).

And com’on, some cheat…. Extending a mission, inventing a title, a job, a result. No one is to blame. The system is like that. If people are chosen on a piece of paper, no one can blame them to make it as sexy as possible and to sometimes modify and beautify the reality. The system is perverse. And discriminative, untrue and sometimes boring so why using it ?

Choosing people on a resume is just outdated. And more and more inefficient and inadaptated to new jobs and functions We know that more than 50 % of the jobs that will make us live in 25 years do not exist so how can a resume allow to know that you are a good match for it ? A resume gives you a  superficial idea about the human being you’re dealing with and knowing all the hidden and unwritten things is getting more and more important.

If i have to hire you, i am interested in what you are NOW. At present ! And especially what does thrive you to apply for this particular job.

Now, next to the hard skills that can be proved and checked, we are more and more interested about the soft skills. The one that shows who you are. Your empathy, your communication skills, your ability to listen, innovate, create, solve, lead…. All these qualities that cannot be verified except through experience and self presentation.

And what about the mad skills. The ones that you would have carefully hide because they made you different from the majority. Today, they become an asset ! How different are you from the collective ? How did you stand out ? These disruptive qualities are the ones that enable people to adapt and move in such a fast changing economy and business models.

Today in that era of competitiviness, we think fast, we move fast, we change fast. So it becomes smarter to look maybe for someone “different” but who will show more attachement to the firm and more creativity into his daily job !

So how to detect these skills if the cannot appear in a resume…

Let’s try to be creative and to have fun ! We could ask for

  • Short Video presentation
  • Social Networks use : like snaps r
  • Funny and original questionnaire set up by the recruiter that can allow to see how the individual is gonna fit into the “tribe”
  • Tests (Gallup…)
  • Exerts about what you’re proud of….
  • Detailed cover letters
  • and so on
  • collective and volunteer teams that would help meeting and pre-select candidates

This article is not meant to be a solution but a call.

Let’s forget about resume.

 

 

I am a Digital Hippie :-)

And so proud to be !

Yeah ! Caus’ i feel i can reconcile naive and happiness dreams with efficiency, productivity and success. Why not being a hippie in a digital and tech world. World that I love cause it never is where it is expected to be.

Millenials have changed the rules. As Joel de Rosnay said, they are not looking anymore for a job. They are a looking for a role. I’ve been lucky enough to meet and work with many of them, very often quite gifted, talented and ultra smart. But i’ve been totally amazed to see that they do not really care about prestige, money, benefits and comps. Eventhoug it matters. Of course. But this is not what they are looking for… And thanks to them, i began to think about who i was myself, and about what i wanted….

Sure, i know that i was in contact with an ultra priviledged circle of them but nevertheless, their way of thinking is brand new for a girl like me. The digital natives do not seen the world the way i used to.

Today, the tech world is the fastest thinking, changing, creating…. everything. If you want to do something, to create something, to generate revenue, you’d better look at it and direct to it. To be in the digital world, that means being where it happens, with people who make it happen…. Just think about Google, Elon Musk, ecc…. working on immortality, or travelling to Mars !

To be a hippie, means to be a dreamer , to favour peaceful theories about mind and spiritual well-being, to gather quietly with your friends, children and animals and to observe the present moment without caring about the future and material things. Sorry for being a bit exaggerating but you get the idea….

So let’s figure out what could be a digital hippie !

Well, it could be a professionnal dreamer. It could be someone with recognized professional qualifications and achievements that would use his knowledge, experience, failures and successes to help building a better world. Now. Not in the future. It is someone who brings back a bit of humanity in a very competitive, sometimes harsh and violent environment. Someone that encourages others to slow down, to take time, to look at things differently.

A digital hippie loves the worlds is in, the people he works with, the excitment he gets at every new projects but he knows as well that it is not the point. The final goal. No, he knows that it is a just a way, a mean, and that he is very lucky to be part of it.

He knows that above all, what matters is what is inside you. Your values. Your hopes. Your kindness.

I am proud to be a digital hippie ! Today it makes sense but for many years people looked at me strangely, not understanding my yoga and meditation practices, my quest for spirituality and my simultaneous interest in tech and in business. Even myself, to be honnest , wandered a little bit in that apparent contradiction.

But this is not one. On the contrary, i feel today totally harmonious and aligned and my wish is to show and tell people that they can be everything, even what seems to be radically different, and to use my knowldege of business to spread wonderful hippie ideas.

Good vibes only