Cendrine Genty : « Mon but ? Faire rayonner les autres et les mettre en lumière ! »

Cendrine Genty

 

A la rencontre de Cendrine Genty, auteur du livre « Le jour où j’ai choisi ma nouvelle vie, en quête de sens, en quête de soi. » paru le 19 octobre 2017 aux Editions Le Passeur. 

Elle nous parle d’elle, de son parcours et des ses valeurs. Un témoignage touchant, humaniste et fraternel. 

Cendrine : en quelques mots, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Mon parcours = une réalisation ré-ajustée en permanence au fil de ma vie et de mes envies ! Pour le meilleur et pour le pire 😉

20 ans plus tard, je constate que le choix de mes études correspond au fil rouge de mon parcours professionnel : deug Arts du Spectacle, Licence Information-Communication et DESS Journalisme Scientifique et Technique.

J’ai été 13 ans durant Journaliste puis Rédactrice en Chef et enfin Productrice d’Emissions de Télévision (“Pékin Express”, “Le Dîner presque parfait”, “Nouveau Look pour Nouvelle Vie”, “Business Angel, 60 jours pour monter ma boîte…), avec en parallèle des expériences de comédienne dont un des rôles principaux dans le long métrage “Les Eléphants” d’Emmanuel Saada, sélectionné au festival de Palm Springs et classé Arts&Essais. Avant de me lancer dans l’entrepreneuriat et de créer un concept digital et événementiel “L se réalisent”, d’écrire un premier livre “Le jour où j’ai choisi ma nouvelle vie, en quête de sens, en quête de soi”, Le Passeur Editeur qui sortira le 19 octobre 2017 et de me voir poursuivre le fil de ma vie professionnelle comme Conférencière (spécialisée dans la prise de risque, l’audace et le dépassement de soi), Journaliste-Animatrice de séminaires, d’événements et de conventions et Experte en storytelling, prise de parole en public et média training.

Et chacune de ces expériences suit le fil rouge non seulement de mes envies mais aussi de mes besoins, de mes contraintes et de mes rêves tout au long de l’évolution de ma vie personnelle..

Quels conseils donnerais-tu aux personnes en reconversion ?

  • De parler, rencontrer, échanger, écouter, lire, se renseigner sur tout ce qui permet d’en savoir plus sur le changement de vie professionnelle “dans la vraie vie”. La théorie, c’est bien, c’est nécessaire, mais avoir des retours quant à la mise en pratique, c’est vital.
  • Ne pas rester seul(e). Chercher auprès des personnes qui ont changé de vie pro par qui elles se sont faites accompagnées. Ne pas hésiter à appeler et rencontrer plusieurs professionnels de la reconversion pour faire son choix. De nature différente : organismes de formation, agences de reconversion, coachs, chambres de commerces…
  • Garder en tête qu’une phase de transition est incontournable et qu’elle fait partie intégrante du process. Et ne pas se trouver nulle parce que 6 mois après on n’a pas encore sa nouvelle vie professionnelle. Cette phase est incontournable pour en apprendre plus sur soi-même et identifier ses besoins et ses envies. Cela nécessite du temps, coûte de l’argent et demande (beaucoup) d’énergie.
  • Faire le point avec soi-même (en s’affranchissant de l’opinion des autres), de ce que l’on se sent capable de faire (et de sacrifier) pour répondre à ses besoins et réaliser ses envies.
  • Se montrer totalement honnête avec soi-même
  • Faire confiance en toute priorité à son instinct

Tu as créé une entreprise / fondation, peux-tu nous expliquer sa mission ? Quelles sont tes aspirations a travers cette création ?

Pour transformer mon projet “L se réalisent” en ma nouvelle vie pro, j’ai créé une entreprise il y a 2 ans, entreprise que j’ai liquidé 18 mois après car ce n’était pas la bonne structure, ni pour mon projet, ni pour moi. J’ai donc maintenant deux entreprises spécifiques, l’une qui est un fonds de dotation composé de 5 autres co-fondateurs. Ce fonds est la structure qui soutient mon concept L se réalisent, un programme digital et événementiel destiné à orienter, transmettre, partager et inspirer les femmes en quête de sens et de nouvelle vie professionnelle. Et mettre en lumière celles et ceux qui peuvent leur apporter les clés pour réussir leur projet de vie.
Et j’ai créé une seconde entreprise destinée à ma propre nouvelle vie d’auteur-conférencière et de journaliste-animatrice d’événements, conventions et séminaires.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer dans un projet entrepreneurial ?

  • Chercher les projets semblables aux siens et entrer en contact avec les personnes les portants. Savoir combien de temps cela leur a pris pour re-gagner leurs vies, savoir quels écueils éviter, quels obstacles seront inévitables… et trouver de l’aide pour les parties que l’on maîtrise le moins.
  • Ecouter les conseils des professionnels, chercher à comprendre chaque répercussion possible de leurs conseils, mais surtout, écouter (et suivre) son instinct. Ne pas prendre tous les conseils pour argent comptant. Se faire avant tout confiance même si on part du principe “que l’on débute dans l’entrepreneuriat” et que l’on n’y connaît rien.
  • Jongler avec cette dualité de questionner sans arrêt et de prendre conseil tout en se faisant sa propre opinion et en restant seul maître de ses choix !

Comment concilier cette fameuse quête de sens dont tu parles dans ton livre et les contraintes familiales, alimentaires ou autres qui parfois nous empêchent de nous lancer ?

Je crois que chaque personne détient ses propres recettes pour cela. Et surtout, son propre curseur de ce qu’elle peut (veut) accepter ou non.

Quand tu plonges dans cette quête de sens et de réalisation, tu pars à ta propre rencontre. C’est un véritable voyage composé de merveilleuse rencontres et découvertes, mais aussi de claques, de déceptions, d’épreuves et d‘obstacles à surmonter et dépasser. C’est comme de partir pour un très grand et long treak, mais à l’intérieur de soi.

C’est à la fois redoutable et fascinant. Et il n’y a qu’en expérimentant soi-même ce “voyage” que l’on obtenir ses propres réponses.

Après, cela me semble normal d’avoir des doutes et des peurs (des angoisses et des sueurs froides même souvent) face aux contraintes du quotidien qui peuvent nous entraver, car c’est la réalité. Elles existent pour de vrai. Là encore, c’est une question de choix et de curseur. Quelle est ma situation ? Est-ce-que je peux poursuivre en acceptant d’accentuer certains sacrifices ou est-ce-que je ne peux plus. Et pourquoi je ne peux plus ?

A un moment, j’ai cru que j’allais tout perdre car les conséquences de mon changement de vie ont eu des répercussions dans chaque domaine de ma vie : financier, amoureux, social, amical, familial. Quand personne ne voit où tu vas et pas même toi malgré tous tes efforts, c’est violent. C’est là ou chaque personne se retrouve alors seule face à elle-même, face à ses réactions. Face à ses choix. Elle est en grande partie là la fameuse “solitude” du dirigeant, de l’entrepreneur et, à mon sens, de chaque personne s’étant mise sciemment en danger en sortant du cadre.

Comment as-tu construit cette liberté intérieure qui t’a permis de te dégager des contraintes et des influences extérieures ?

Je crois que cela provient d’une double alliance, celle de ma personnalité (petite quand je disais “un jour je travaillerai en télé” et qu’on me répondait « impossible, ce n’est pas pour toi ce n’est pas ton milieu”  :j’avais beau n’avoir que 6 ans je répondais dans ma tête “oh que si je le ferai !”.

Et puis à ma personnalité se sont ajoutées les claques reçues dès l’adolescence notamment dans mes activités sportives (ex-sportive de haut niveau en danse). Face à la dureté d’un univers, ou bien on fait le choix d’arrêter les frais, ou bien on serre les dents, on ravale sa peine et on met son égo malmené au service des ses rêves et de ses objectifs. On le transforme en moteur.

Ce sont les premiers pas pour apprendre à s’affranchir du regard et de l’opinion des autres. C’est aussi ce qui apprend à “muscler son mental” pour, plus tard, ne pas craquer et tenir bon. Et se relever même après être tombé. Plus on l’expérimente tôt, plus on est “armé” par la suite.

Un troisième élément inattendu s’est greffé à cela durant ces dernières années, le fait de voir mon bébé grandir, ramper, se dresser, tomber, apprendre à marcher, re-tomber, se relever… me faisait voir au jour le jour combien tout cela était finalement normal.

Découverte, expérimentation, ratages = apprentissage. Et si je lui disais “allez mon p’tit bout, relève-toi, tout va bien, c’est normal de tomber tu apprends, recommence, regarde, tu peux le faire, tu l’as fait !”, je me devais de le faire moi aussi. Regarder au jour le jour mon bébé grandir et tout apprendre des bases de la vie m’a rappelé (et me rappelle) constamment les fondamentaux.

Peux-tu nous parler du rôle de l’intuition dans ton parcours ?

Le rôle de l’intuition est à mon sens fondamentale. C’est grâce à elle que j’ai pu pendant 36 ans réussir chacun de mes nouveaux défis, réaliser mes rêves et mes envies, par-delà les doutes et les difficultés. Et c’est parce que je l’ai soudain mise de côté (sans m’en rendre compte) lors de mon plongeon dans l’entrepreneuriat que j’ai failli totalement échouer. Et surtout, totalement me perdre.

J’ai mis beaucoup de temps à réaliser que je préférais “croire de parfaits inconnus plutôt que mon instinct sous prétexte que j’avais tout à apprendre dans ce nouvel univers. Apprendre les codes et les règles d’un domaine est une chose (et il le faut !), s’oublier en ne se considérant soi-même pas légitime pour choisir et pour décider est très dangereux. C’est se renier soi-même. Et dès lors, on ouvre grand la porte aux personnes malveillantes ou inconscientes de nos besoins. Donc écouter sa petite voix intérieure est absolument vitale.

D’après toi, comment mesurer la réussite d’un projet ? (Que faire quand tu es congruente avec toi-même mais que les résultats financiers ne suivent pas) ?

Tout dépend de tes objectifs et besoins. Pendant deux ans, j’ai été très fâchée contre moi et je me suis totalement dévalorisée à mes propres yeux. J’avais créé une communauté, lancé une marque, créé des événements qui ont réuni en 18 mois plus de 2 400 femmes et permis à de nombreux partenaires de trouver des clientes mais je n’avais pas réussi à me rémunérer pour tout ce travail effectué.

Je me trouvais nulle et résultat, je me considérais chaque jour passant comme de moins en moins légitime en tant qu’entrepreneur puisque je ne gagnais pas ma vie.

Et puis du jour au lendemain, j’ai inversé (grâce à l’écriture de mon livre) mon regard sur moi-même. J’ai considéré avec plaisir ce que j’avais su faire et concevoir et j’ai regardé les conseils que j’avais suivi au pied de la lettre. J’ai alors défait tout ce qui m’avait toujours posé instinctivement problème avec une distance nouvelle qui m’a permis de comprendre ce que je devais corriger. Et j’ai choisi de fermer ce qui ne fonctionnait pas. Ma première entreprise et l’association. Ca fait mal et pourtant, ça fait du bien ! Et cela nous a sauvé mon projet et moi.

J’ai alors re-découpé les objectifs en deux : ceux de mon projet. Et les miens ! Et de là, les choses se sont mises en place ! Et c’est un cercle cette fois vertueux et positif qui s’est mis en place. J’ai re-trouvé la force de dire “Non” à des conseils que je ne sentais pas et osé prendre MES décision. J’ai alors vu mon estime remonter petit à petit à la surface et ma confiance en moi revenir. Et les commandes ont commencé à (enfin !) arriver !

Toi qui as rencontré beaucoup d’entreprises dans le cadre de “L se réalisent”, quelles sont les postures de dirigeantes qui t’ont impressionnées et pourquoi ?

Celles qui sont parvenues à réaliser leurs aspirations et atteindre les fonctions qu’elles souhaitaient, dirigeantes salariées ou chefs d’entreprise sans se transformer pour autant.

Les femmes qui ont su combiner leurs compétences et leurs appétences pour évoluer, prendre des risques tout en restant humaines, et donc parfois vulnérables, m’inspirent.
J’ai eu la chance d’échanger avec nombre de ces femmes à l’occasion de mes Journées Solidaires “Femmes, L se réalisent” portées par Le Fonds de Dotation et quelle chance !

Non seulement elles existent pour de vrai mais elles oeuvrent qui plus est avec beaucoup d’audace, de courage et de ténacité pour faire bouger les lignes. Et faire évoluer la société.
Ce sont elles qui parviennent à me faire rêver ! C’est pour cela qu’il m’a semblé vital de les mettre en lumière ! Elles inspirent et fédèrent, c’est important de les connaître et de les faire rayonner, elles et leurs actions.

Si je te dis travail et bonheur, que penses tu ? Que penses tu de l’émergence forte de la notion de bonheur au travail et des fonctions afférentes comme celles de Chief Happiness Officer ?

Que c’est un sujet bien vaste car il associe plein de choses différentes. Chacun a sa propre définition de “son bonheur au travail”, le point commun étant en général de se sentir à sa place, reconnu pour son investissement et son apport, et de fait, utile et respecté.
Etre bien dans ses baskets au travail est l’un des meilleurs booster de confiance en soi et de moral au quotidien ! Maintenant, c’est compliqué. Les paramètres sont nombreux pour concilier bonheur et travail.

On peut ne plus aimer son travail, le quitter et être malheureux tant que l’on n’a pas retrouvé une activité nous re-donnant envie. On peut aimer son travail mais être extrêmement malheureux au sein de son entreprise. Parce qu’une seule personne peut transformer votre vie en cauchemar au sein d’une société. On peut se sentir plutôt bien dans son entreprise mais ne plus trouver goût à son travail. Et puis il y a cette obsession des entreprises pour le présentéisme à outrance qui peut transformer le quotidien en cauchemar et rendre profondément malheureux quand bien même on aime son travail.
J’imagine que tous ces paramètres et d’autres encore ont entraîné et favorisé l’émergence de cette notion de bonheur au travail et de chieff hapiness officer. Après, il me semble que ces notions ont été (trop) utilisées à tout va et malheureusement galvaudées. Et qu’actuellement chacun colle à sa vision personnelle sa définition du “bonheur au travail” et sa représentation de ce qu’est un chieff hapyness.
Le côté positif de tout cela est qu’il y a plein de belles choses à faire et mettre en place !

En deux mots, comment définirais tu l’optimisme et le bonheur ?

L’optimisme, regarder la face malheureuse d’une situation ou d’un état et soudain, se rappeler qu’il y a une autre face à tout et chercher ce qui peut en ressortir de bon et de motivant. Pour impulser une nouvelle action et de fait, une nouvelle dynamique.
Le bonheur, se sentir bien dans ses baskettes. Centré(e) et bien axé(e). Raccord avec soi et ses aspirations.

Enfin, quelles sont tes sources d’inspiration ? Aurais tu des livres, conférences, films a nous recommander ?

Les conférences TedX ! Quelle incroyable puissance fédératrice et inspirante !

Et ensuite de lire ou regarder ce qui nous donne envie, et surtout, ce qui nous fait du bien ! Que ce soit du développement personnel, de la philosophie, de l’art, des guides et des méthodes ou bien des polars et des romans. Se remplir de ce qui nous porte et transporte est vital et très personnel.

J’adore de mon côté les récits d’aventures et de dépassement de soi. Le film produit par Reese Witherspoon “Wild” m’a fait un bien fou à un moment où je me sentais au fond du gouffre. Il m’a fait prendre conscience du parallèle entre la situation du personnage et la mienne, elle en pleine nature, moi, à l’intérieur de ma tête et de mes pensées.

Dans un autre genre, j’ai aimé le livre “Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre” de Elisabeth Gilbert et j’ai également découvert la collection “Bouillon de poulet” ! Bouillon de poulet pour l’âme, pour les femmes, pour l’âme au travail… Alors ça, ces petites histoires vraies m’ont fait rire, pleurer, croire, espérer, vouloir…! De vraies petites bulles colorées de sentiments et d’émotions, porteuses d’espoir.
Et dans un tout autre genre, pour décompresser, rire et souffler, je suis fan des vidéos de Camille & Justine !
Et bien sûr, de s’abonner à la page facebook d’Inspiration, de Partage et d’Informations de L se réalisent.

Pour conclure, quel conseil aimerais-tu donner à nos lecteurs ?

Croire en soi et se respecter !!!

Stop au “bonheur”. Place à la cohérence

Quitte à paraitre contradictoire et quitte à laisser les lecteurs ébahis, il est temps de tordre le coup à cette notion de bonheur au travail.

Plus j’y réfléchis et plus les rencontres que je fais me laissent penser que la notion de bonheur au travail ne veut rien dire. Oui c’est un peu provocant mais à plusieurs titres, cette notion est tout aussi réductrice qu’elle est vaste.

Alors pourquoi lancer ce pavé dans la mare ? Et bien parce qu’à force de parler d’une notion qui est plus philosophique qu’autre chose, on ne fait décrédibiliser les prises de conscience afférentes, les bonnes volontés qui s’y penchent et les méthodes qui en découlent.

Plaçons nous tout d’abord du point de vue de l’entreprise.

Le but de l’entreprise en tant qu’organisation et que centre de profit n’est pas de rendre les gens heureux. Voila c’est dit, c’est tout. C’est comme ca.

Le but de l’entreprise c’est de créer quelque chose, un produit, un service, une idée et de le monétiser afin d’en tirer un revenu et un profit. Voila sa raison d’être. Je rêverais d’un modèle societal où le but de l’entreprise serait de rendre les gens heureux mais cet objectif doit plus être le résultat d’une quête personnelle que l’aboutissement d’un modèle organisationnel imposé.

L’entreprise en tant qu’organisation à les moyens de rendre les conditions de travail acceptables voire épanouissantes et elle peut (si ce n’est doit) s’en faire une mission et s’en declarer le garant mais ce n’est pas sa nature. Et en attendre cela, c’est se fourvoyer et se preparer au pires déceptions. En effet, comment atteindre un but qui est par nature inatteignable car juste hors de propos.

L’individu, quand à lui, a une conception du bonheur qui est tout aussi personnelle qu’elle est multiple. Chacun voit le bonheur à sa porte d’une manière relative et changeante. Matérielle ou spirituelle, égoïste ou collective, philosophie ou pragmatique…

Comment vouloir alors créer un concept, le bonheur au travail,  sensé répondre à des attentes qui sont aussi nombreuses qu’il y a d’individus.

Le but ici n’est pas d’abandonner un idéal et de faire taire les différentes voix qui s’élèvent, enfin, dans le monde du travail. Non, il s’agit simplement de bien nommer les choses afin de redonner de l’ampleur et du crédit à des objectifs nobles : ceux qui consistent à améliorer les conditions de vie et de travail des collaborateurs des organisations (salariés ou non). Il est trop dommage, et hélas désormais commun, que le débat s’arrête des que le mot bonheur au travail est prononcé.

Un questionnement sur son principe et sa denomination s’impose.

On sait, de par nos experiences personnelles et grâce à de nombreuses études, que le sentiment de bien-être au travail est profondément lié au sens, à la reconnaissance du travail fourni et aux relations sociales et interpersonnelles. J’omets volontairement les notions de confort et de rétribution qui sont essentielles mais pas fondatrices. Bien.

Mais alors cette notion de bien-être, d’épanouissement voire d’accomplissement ne serait-elle pas également profondément liée au sentiment rare d’être à sa place. Etre en accord avec ce que l’on est, ce que l’on croit, ce que l’on sait faire. On parlerait alors de cohérence, de congruence, mieux d’évidence. L’organisation peut rentrer en place dans ce processus et permettre notamment grâce à un recrutement affuté, précis, atypique et à une gestion de carrière suivie et attentive d’accompagner l’individu (le talent) dans ce sens. Et les institutions également en laissant le droit à l’erreur, en favorisant la formation, en acceptant et en encourageant les reconversions. Bref en accompagnant l’être humain dans un parcours de vie qui ne peut être linéaire et tracé par avance.

 

L’expérience prouve que les gens les plus en cohérence avec leur personnalité, leurs talents (pour peu qu’ils les connaissent) et leurs aspirations et qui font des choix en conséquence sont ceux qui sont les plus heureux dans leur job. Et donc dans leur vie.

C’est un travail. Différent de celui qui nous nourrit. C’est aussi un travail. Celui de toute une vie.

 

 

 

 

 

 

 

Interview sur le role du Chief Happiness Officer / Canal Plus /Detours

Interview sur la fonction de CHO

 

https://detours.canalplus.fr/profession-chef-bonheur-travail/

2017. Quel avenir pour le HAW ?

Alors que le périlleux exercice de vœux bat son plein, il serait intéressant de se pencher un peu sur notre sujet professionnel favori à savoir la quête et la construction (non pas d’un monde meilleur quoique ?) d’un travail plus épanouissant, d’un environnement de travail plus bienveillant, de relations plus saines et satisfaisantes…  afin de savoir quel est le bilan de l’année 2016, quelles sont les tendances de 2017 et d’y ajouter en poudre de perlimpinpin nos souhaits pour cette année aussi.

Tout d’abord, l’année 2016 a été un incroyable accélérateur si ce n’est de bonheur en tout cas de réflexions autour du sujet. De toutes part, articles, reportages TV & radio, sondages et enquêtes sur le bonheur au travail, la QVT, la RSE,  les fonctions émergentes (cf article précédent sur le CHO), les témoignages d’entreprises heureuses et novatrices, les forums, conférences et interventions sur le sujet… bref un véritable engouement pour le sujet.

Rappelons que le fameux sujet est aussi vaste que le nombre de personnes qui en parlent et qu’aujourd’hui encore malgré toute la bonne volonté des gens concernés, la notion de bonheur au travail est encore assez floue, fluctuante, hélas encore trop souvent perçue comme candide, mièvre ou inappropriée, certainement pas assez professionnalisée et avec des contours aussi large que la Philosophie en général.

Donc si l’année 2016 a permis l’émergence du concept, la validation de son existence et de sa pertinence, la mise en lumière de certains acteurs médiatiques, reconnus et compétents, 2017 nous invite clairement à mieux définir ce que cela comprend afin d’être plus pertinent et convaincant face aux Comex, Codir et autres actionnaires quand à la nécessité de s’en préoccuper et pas qu’un peu !

Et donc :

  • le premier enjeu consiste à “professionnaliser” (dans le sens de légitimer) le concept et les fonctions afférentes spécifiquement liées au Bonheur au Travail.  En effet, l’effet pervers du succès, c’est la popularisation à outrance et la banalisation, c’est que tout le monde se proclame spécialiste et expert mais sans que personne n’ait en commun d’expérience, de formation ou de tronc commun qualifiant. La réflexion et le travail entamé par la Fabrique Spinoza, basés sur des études scientifiques, la co-reflexion et la co-création citoyenne ainsi qu’un dialogue permanent avec différentes sommités confluantes au sujet, me parait très constructive et peut donner des bases solides. De même, plusieurs formations ont vu le jour en 2016 et continuent d’être programmées pour 2017 ce qui laisse présager une réflexion de plus en plus solide et pertinente sur le sujet. Des formations crédibles, adaptées , reconnues et qualifiantes sont nécessaires pour faire évoluer les mentalités et répondre à la demande croissante de personnes en recherche de sens et de bagages solides.
  • le deuxième enjeu réside dans l’incarnation de ces valeurs. En effet, toute initiative, nomination, ligne budgétaire ne saurait exister et être crédible et durable sans l’appui manifeste et revendiqué d’un référent, garant de cette démarche. Le dirigeant lui-même. Le soutien affiché du CEO / Pt / DG…. est obligatoire à la pérennité des actions entreprises en vue d’un mieux-vivre et mieux travailler. Obligatoire. Nécessaire. Requise. Le changement induit par une transformation des habitudes et des mentalités quand à la productivité, la satisfaction et le sens entre autres, doit absolument être porté par un leader visionnaire qui incarnera lui-même ces valeurs et les crédibilisera auprès des instances dirigeantes.
  • le troisième enjeu enfin c’est de rendre le métier et l’approche scalable, replicable et profitable. J’entends ici quelques grincements de dents quand à l’antagonisme profond entre les notions d épanouissement personnel et de profitabilité pour l’entreprise. Mais il n’est plus à démontrer que le premier sert le second. Il appartient désormais aux pionniers du secteur de prouver la corrélation intime entre les deux et donc le switch inéluctable que doivent opérer les entreprises dans leur manière d’approcher leurs collaborateurs et de leur proposer une nouvelle manière de travailler

Enfin, bien sûr, tout cela ne sera possible qu’au prix de quelques efforts. Efforts sur nous-mêmes avant tout.

Effort d’ouverture :  à la nouveauté, à la différence, à la disruption.

Effort de bienveillance : soyons bienveillants, même si déterminés et ambitieux, quand à ce que nous attendons de nous-mêmes et des autres.

Efforts de curiosité afin de rester alerte et en progression.

Et enfin effort d’inspiration avec en filigrane cette question : “comment garder la flamme et comment la transmettre ?”. Car tout est question d’inspiration….

Alors, le Bonheur au Travail, rêve ou réalité pour 2017 ?

 

 

 

 

 

 

 

Please, stop asking for resume….

 

Are you not fed up, not to say just bored, about asking for resume ?

Are you not just totally exhausted at the simple idea to have to study and read hundreds of them ?  Knowing, from the beginning, that it will just be a listing of standardised actions, name dropping on companies and exhibitions of diplomas from, let’s hope for the candidate, prestigious universities or international business schools.

I’ve never seen anything as discrimative as a resume. And as poor….

No human sign. No possibility to introduce yourself, to present your achievements and failures, to explain the reasons why you did this or that. Not a line to describe who you really are and what are your drivers and convictions !

Just a sheet of paper. As short as possible (as if a life could be summed up in one page ! ). Just words and possibly figures (it is damned so important to show up the positive actions you had on your job by showing the increase on sales, on satisfaction, on i do not know what !  Invent !).

And com’on, some cheat…. Extending a mission, inventing a title, a job, a result. No one is to blame. The system is like that. If people are chosen on a piece of paper, no one can blame them to make it as sexy as possible and to sometimes modify and beautify the reality. The system is perverse. And discriminative, untrue and sometimes boring so why using it ?

Choosing people on a resume is just outdated. And more and more inefficient and inadaptated to new jobs and functions We know that more than 50 % of the jobs that will make us live in 25 years do not exist so how can a resume allow to know that you are a good match for it ? A resume gives you a  superficial idea about the human being you’re dealing with and knowing all the hidden and unwritten things is getting more and more important.

If i have to hire you, i am interested in what you are NOW. At present ! And especially what does thrive you to apply for this particular job.

Now, next to the hard skills that can be proved and checked, we are more and more interested about the soft skills. The one that shows who you are. Your empathy, your communication skills, your ability to listen, innovate, create, solve, lead…. All these qualities that cannot be verified except through experience and self presentation.

And what about the mad skills. The ones that you would have carefully hide because they made you different from the majority. Today, they become an asset ! How different are you from the collective ? How did you stand out ? These disruptive qualities are the ones that enable people to adapt and move in such a fast changing economy and business models.

Today in that era of competitiviness, we think fast, we move fast, we change fast. So it becomes smarter to look maybe for someone “different” but who will show more attachement to the firm and more creativity into his daily job !

So how to detect these skills if the cannot appear in a resume…

Let’s try to be creative and to have fun ! We could ask for

  • Short Video presentation
  • Social Networks use : like snaps r
  • Funny and original questionnaire set up by the recruiter that can allow to see how the individual is gonna fit into the “tribe”
  • Tests (Gallup…)
  • Exerts about what you’re proud of….
  • Detailed cover letters
  • and so on
  • collective and volunteer teams that would help meeting and pre-select candidates

This article is not meant to be a solution but a call.

Let’s forget about resume.

 

 

I am a Digital Hippie :-)

And so proud to be !

Yeah ! Caus’ i feel i can reconcile naive and happiness dreams with efficiency, productivity and success. Why not being a hippie in a digital and tech world. World that I love cause it never is where it is expected to be.

Millenials have changed the rules. As Joel de Rosnay said, they are not looking anymore for a job. They are a looking for a role. I’ve been lucky enough to meet and work with many of them, very often quite gifted, talented and ultra smart. But i’ve been totally amazed to see that they do not really care about prestige, money, benefits and comps. Eventhoug it matters. Of course. But this is not what they are looking for… And thanks to them, i began to think about who i was myself, and about what i wanted….

Sure, i know that i was in contact with an ultra priviledged circle of them but nevertheless, their way of thinking is brand new for a girl like me. The digital natives do not seen the world the way i used to.

Today, the tech world is the fastest thinking, changing, creating…. everything. If you want to do something, to create something, to generate revenue, you’d better look at it and direct to it. To be in the digital world, that means being where it happens, with people who make it happen…. Just think about Google, Elon Musk, ecc…. working on immortality, or travelling to Mars !

To be a hippie, means to be a dreamer , to favour peaceful theories about mind and spiritual well-being, to gather quietly with your friends, children and animals and to observe the present moment without caring about the future and material things. Sorry for being a bit exaggerating but you get the idea….

So let’s figure out what could be a digital hippie !

Well, it could be a professionnal dreamer. It could be someone with recognized professional qualifications and achievements that would use his knowledge, experience, failures and successes to help building a better world. Now. Not in the future. It is someone who brings back a bit of humanity in a very competitive, sometimes harsh and violent environment. Someone that encourages others to slow down, to take time, to look at things differently.

A digital hippie loves the worlds is in, the people he works with, the excitment he gets at every new projects but he knows as well that it is not the point. The final goal. No, he knows that it is a just a way, a mean, and that he is very lucky to be part of it.

He knows that above all, what matters is what is inside you. Your values. Your hopes. Your kindness.

I am proud to be a digital hippie ! Today it makes sense but for many years people looked at me strangely, not understanding my yoga and meditation practices, my quest for spirituality and my simultaneous interest in tech and in business. Even myself, to be honnest , wandered a little bit in that apparent contradiction.

But this is not one. On the contrary, i feel today totally harmonious and aligned and my wish is to show and tell people that they can be everything, even what seems to be radically different, and to use my knowldege of business to spread wonderful hippie ideas.

Good vibes only

 

 

 

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