Stop au “bonheur”. Place à la cohérence

Quitte à paraitre contradictoire et quitte à laisser les lecteurs ébahis, il est temps de tordre le coup à cette notion de bonheur au travail.

Plus j’y réfléchis et plus les rencontres que je fais me laissent penser que la notion de bonheur au travail ne veut rien dire. Oui c’est un peu provocant mais à plusieurs titres, cette notion est tout aussi réductrice qu’elle est vaste.

Alors pourquoi lancer ce pavé dans la mare ? Et bien parce qu’à force de parler d’une notion qui est plus philosophique qu’autre chose, on ne fait décrédibiliser les prises de conscience afférentes, les bonnes volontés qui s’y penchent et les méthodes qui en découlent.

Plaçons nous tout d’abord du point de vue de l’entreprise.

Le but de l’entreprise en tant qu’organisation et que centre de profit n’est pas de rendre les gens heureux. Voila c’est dit, c’est tout. C’est comme ca.

Le but de l’entreprise c’est de créer quelque chose, un produit, un service, une idée et de le monétiser afin d’en tirer un revenu et un profit. Voila sa raison d’être. Je rêverais d’un modèle societal où le but de l’entreprise serait de rendre les gens heureux mais cet objectif doit plus être le résultat d’une quête personnelle que l’aboutissement d’un modèle organisationnel imposé.

L’entreprise en tant qu’organisation à les moyens de rendre les conditions de travail acceptables voire épanouissantes et elle peut (si ce n’est doit) s’en faire une mission et s’en declarer le garant mais ce n’est pas sa nature. Et en attendre cela, c’est se fourvoyer et se preparer au pires déceptions. En effet, comment atteindre un but qui est par nature inatteignable car juste hors de propos.

L’individu, quand à lui, a une conception du bonheur qui est tout aussi personnelle qu’elle est multiple. Chacun voit le bonheur à sa porte d’une manière relative et changeante. Matérielle ou spirituelle, égoïste ou collective, philosophie ou pragmatique…

Comment vouloir alors créer un concept, le bonheur au travail,  sensé répondre à des attentes qui sont aussi nombreuses qu’il y a d’individus.

Le but ici n’est pas d’abandonner un idéal et de faire taire les différentes voix qui s’élèvent, enfin, dans le monde du travail. Non, il s’agit simplement de bien nommer les choses afin de redonner de l’ampleur et du crédit à des objectifs nobles : ceux qui consistent à améliorer les conditions de vie et de travail des collaborateurs des organisations (salariés ou non). Il est trop dommage, et hélas désormais commun, que le débat s’arrête des que le mot bonheur au travail est prononcé.

Un questionnement sur son principe et sa denomination s’impose.

On sait, de par nos experiences personnelles et grâce à de nombreuses études, que le sentiment de bien-être au travail est profondément lié au sens, à la reconnaissance du travail fourni et aux relations sociales et interpersonnelles. J’omets volontairement les notions de confort et de rétribution qui sont essentielles mais pas fondatrices. Bien.

Mais alors cette notion de bien-être, d’épanouissement voire d’accomplissement ne serait-elle pas également profondément liée au sentiment rare d’être à sa place. Etre en accord avec ce que l’on est, ce que l’on croit, ce que l’on sait faire. On parlerait alors de cohérence, de congruence, mieux d’évidence. L’organisation peut rentrer en place dans ce processus et permettre notamment grâce à un recrutement affuté, précis, atypique et à une gestion de carrière suivie et attentive d’accompagner l’individu (le talent) dans ce sens. Et les institutions également en laissant le droit à l’erreur, en favorisant la formation, en acceptant et en encourageant les reconversions. Bref en accompagnant l’être humain dans un parcours de vie qui ne peut être linéaire et tracé par avance.

 

L’expérience prouve que les gens les plus en cohérence avec leur personnalité, leurs talents (pour peu qu’ils les connaissent) et leurs aspirations et qui font des choix en conséquence sont ceux qui sont les plus heureux dans leur job. Et donc dans leur vie.

C’est un travail. Différent de celui qui nous nourrit. C’est aussi un travail. Celui de toute une vie.

 

 

 

 

 

 

 

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