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Etre surdoué, un cadeau empoisonné ?

“Ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est toi” disait Cocteau…

On ne va pas se mentir : le sujet est à la mode ! Et comme tous les bons filons, encore peu exploités et un peu méconnus, en tout cas du grand public, et bien tout ie monde s’y engouffre avec plus ou moins de succès, livres et essais, meet-ups, réunions plus ou moins secrètes, spectacles… et bientôt film j’en suis sûre.

De ce fait, mon objectif reste très modeste. Petit témoignage et surtout grand questionnement, pas tant sur le passé et le présent que je connais forcément de manière empirique, mais plutôt sur le futur de ces populations qualifiées de Haut Potentiel ou HP (on est ici dans la dénomination la plus politiquement correcte pour l’entreprise mais source de beaucoup de confusion car faisant référence à des choses différentes) et surtout sur leur futur professionnel avec cette interrogation permanente : “Quel bonheur pour un HP au travail ? Quel épanouissement peux t’on leur promettre”. A l’heure où le bien-être au travail est de moins en moins galvaudé et où cette question n’est plus le seul apanage des responsables QVT, comment peux-t’on également s’occuper de cette minorité au travail qui, avouons-le, jusqu’à maintenant n’a guère passionné les foules et les RH… ?

Avec en filigrane, une autre question ? Juste pour tordre le cou aux idées reçues : “Est-ce que d’être surdoué nous rend plus heureux au travail ? Et si ce n’est pas le cas, comment faire pour intégrer cette minorité encore méconnue et ressentie comme un peu menaçante ou différente ?

Alors laissez-moi vous raconter mon histoire. Moi, petite dernière de la tribu des HP, zèbres, multi-potentiels, atypiques, hyperactifs, hybrides, surdoués… et tout ce qui s’ensuit… J’utiliserai ici la dénomination la plus simple (HP) étant entendu que tous les termes utilisés ne sont pas des qualificatifs suffisants et satisfaisants pour expliquer le mode de fonctionnement d’une intelligence qui n’est pas supérieure au sens propre du terme mais qui est différente. Déductive, assimilative, comparative. Donc indulgence quand au terme surdoué et surtout pas de complexe d’infériorité qui n’a pas lieu d’être ici 🙂
Mon histoire n’a rien d’unique, ni d’exceptionnel. Elle illustre justement parfaitement mon propos car justement elle est la même que celle de milliers d’entre vous, d’entre nous, qui nous cherchons et sommes dans cette quête permanente de compréhension de notre différence et dans le recherche de l’acceptation de qui nous sommes, de notre manière de fonctionner, de nos désirs si hétéroclites, de nos aspirations vers tout et son contraire, de notre quête d’absolu et de perfectionnisme.. Et quelle joie quand nous comprenons enfin et que nous nous reconnaissons dans cette description. D’où l’utilité de faire le test quand un doute subsiste…

Alors, voilà. D’abord le syndrome de la bonne élève, typique du HP dans cette volonté de bien-faire, de satisfaire, de rentrer dans le rang dont intuitivement il sent qu’il sort tout le temps. Le HP est dans l’effort constant pour s’adapter et s’aligner (mais pas dans le bon sens). Et franchement, c’est fatiguant, épuisant et ça mène tout droit au burn-out !

J’étais attirée par des études artistiques qui me permettraient d’exprimer toute cette sensibilité, cette émotivité que je ne savais traduire par des mots, cette poésie, cette intuition et ce sens du juste mais peur, famille, raison, méconnaissance de moi m’ont guidé vers une voie plus traditionnelle, plus rassurante, sécurisante et à coup sur, plus rémunératrice.

Donc etudes supérieures. Pas spécialement adaptées à mon envie de “tout”, à savoir être sage-femme et ambassadeur, chercheur et polyglotte, journaliste et décoratrice, à avoir du temps pour moi et et gagner de l’argent, à voyager et m’occuper de mes proches… Mission accomplie. Avec mêmes de brillants résultats mais hélas déjà ce sentiment d’ennui, de désoeuvrement, de talents inexploités, de mécontentement, de frustrations, de monotonie, de déception…. bref la conscience épidermique de ne pas m’être réalisée… et le commencement de la quête…

A travers la carrière, les voyages, le sport, les rencontres, l’ésotérisme et la spiritualité, le travail psychologique et analytique.. tout ceci avec un seul but. Comprendre cette soif d’absolu et d’insatisfaction constante.

Combien de fois ai-je entendu de la part des recruteurs que la variété de mes centres d’intérêts, ma volubilité, ma gestuelle d’une part et surtout mes changements de postes d’autre part démontrait mon instabilité, mon inconstance et donc mon incapacité à me concentrer (dans leur bouche donc à être fiable) alors que tout au contraire mon fonctionnement me fait appréhender les choses avec plus de perspicacité et d’acuité surtout si elles sont variées, multiples, complexes et surtout diversifiées. Et hors de question de parler d’ennui car on vous taxerait de d’inconsistance et de superficialité ! Candidat au burn-out a t’on dit ? Et si nous parlions du bore-out ?

Ne nous leurrons pas. Etre HP n’est ni un drame ni un cadeau. Ni un gage de bonheur ni de malheur mais c’est certes une différence et pas besoin d’un dessin pour savoir comment on traite la différence en règle générale….

Comme beaucoup d’entre vous, j’aime ce qui est inconnu. Je suis très curieuse. Tout m’intéresse. J’aime l’aventure, pas pour le danger, mais parce que cela m’emmène hors des sentiers battus et cela me fait vibrer. J’aime les défis, non pour les relever et m’en enorgueillir, mais simplement parce ce que c’est nouveau, inconnu et donc réjouissant et excitant. Lors de mes expériences professionnelles, j’ai souvent été accusée d’aller trop vite, d’aller trop loin, d’en vouloir trop…. Si le HP réclame de l’attention, des postes plus élevés, un périmètre d’action plus grand, ce n’est certainement pas par ambition, c’est pour maintenir son attention et son efficacité intactes, son investissement pérenne. C’est parce qu’il fait le tour des choses plus vite et qu’il a besoin de plus de choses. De stimulation. Sous toutes ses formes. Intellectuelles et prosaïques. C’est pour cela que les HP sont naturellement prédisposés à des postes liés à l’innovation et à la “disruption”.

Attention, je n’aime ni les clans ni les étiquettes (surtout si elles sont immuables) et je n’aime pas le sentiment d’exclusion. Sentiment que j’ai ressenti bien souvent dans ma vie. Et je n’aimerai pas que cette douance, m’isole des autres par un système de pensée similaire à celui-là même qui m’a exclu. Attention aux relations consanguines, aux clubs surtout s’ils sont élitistes, attention à l’entre-soi et au sentiment rassurant que peut procurer le fait de se retrouver entre gens de bonne et surtout de “même” compagnie… Attention à ne pas reproduire que ce nous avons honni….

La douance et les qualités qu’elle engendre – une insatiable curiosité, la juste appréhension immédiate des problématiques systémiques en jeu et et la visualisation innée des solutions possibles, une vélocité inimaginable, une profonde humanité, une extrême sensibilité, une empathie hors du commun, des capacités intuitives indescriptibles – combinées à des compétences analytiques, techniques et académiques, peut et devrait être un atout plus que déterminant pour une entreprise !

C’est exactement la même source de questions et problématiques que l’on retrouve autour des softs skills (compétences comportementales) : méconnues, pas ou peu maitrisées, donc pas ou peu valorisées alors que la compétitivité de demain se trouve justement dans ce cinquième pouvoir ! Celui de l’intelligence humaine et émotionnelle.
Le HP est un soft leader et ses qualités obscures et incomprises jusque maintenant sont en réalité le moyen voire la solution à l’expression et la reconnaissance des talents de demain. Ceux-là mêmes qui changeront le monde. Rappelez-vous Steve, Larry, Mark…. Nos chers millenials en sont un si bon exemple…

Ce monde idéal où les HP sont reconnus, acceptés et encouragés, est simplement ce monde dans lequel la logique RH est orientée vers les talents et non vers les compétences. Et tout l’intérêt de cette gouvernance avant tout humaine est qu’elle est dirigée et guidée par l’être humain et non par la recherche seule des résultats, de la compétitivité et du leadership monopolistique.

Tout l’enjeu ne sera pas seulement d’attirer ces talents ou de les détecter (toutes les nouvelles méthodes de management basées sur un plus grand dialogue et une communication transparente, acceptée, encouragée et constante favorisent considérablement le repérage de ces profils. Non. Le véritable défi sera de les retenir !

Et pour les retenir, la RH de demain doit recruter différemment, intégrer avec bienveillance, repenser la performance, créer de nouveaux objectifs et de nouvelles structures, accepter et encourager la différence pour l’expression des talents et des potentiels. C’est exactement la tendance et c’est donc profondément encourageant…

Elise Taub

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Petit Ode à la Fiabilité

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J’avoue être profondément surprise et hélas encore anéantie par le manque de parole et de “reliability” de notre société.
Je ne sais si c’est une tendance propre à Paris et aux grandes villes ou à La France et l’Europe ou même aux pays occidentaux. Ou alors une caractéristique qui frappe je dois le dire les tranches les plus âgées de la population qui sont également sensées être les plus sages…
Je ne sais à quoi imputer la faute.
Est-ce parce que la vie est plus dure que l’individualisme gagne tous les jours du terrain et prime parfois sur la parole donnée ?
J’ai le sentiment que le tiraillement entre son bien-être personnel et celui des autres s’amenuise de jour en jour pour ne laisser place qu’à sa propre existence et un profond égoïsme. Et pourtant…. Quel bonheur profond, durable, fondateur que de parfois oublier son confort pour aller vers l’autre et s’occuper des autres. Entendons-nous bien, mon propos n’est pas de louer l’effacement de soi ou l’abnégation au profit des autres mais simplement de tenir sa parole et ses engagements.
Les gens comptent sur nous et sur la présence ou l’aide que nous promettons alors honorons-la plutôt que de la bafouer la veille ou le jour-même et dans le cas contraire, expliquons pourquoi, reportons, assurons l’autre de notre présence physique ou morale. Cessons de penser que cela ne fait rien et cessons parfois d’être indifférent et ignorant sans même nous en rendre compte. Et agir ainsi, ce n’est pas faire un cadeau aux autres c’est avant tout se faire un cadeau à soi-même.

 

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Redéfinissez l’échec ! Ou le pouvoir des “Mustakes”.

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Quel soulagement enfin de savoir que non seulement on peut se tromper mais qu’en fait ce serait même salutaire.

La notion même de l’échec, voire de la faiblesse, est particulièrement sévère et impitoyable en France. Tout est bon à vous cataloguer et à vous comparer. Statut social de naissance, choix éducatifs, école privée ou publique, résultats scolaires, études (on ne peut plus clivantes), stages, carrière, mariage, amis, lieux de villégiatures… et j’en passe.

En France, vous ne pouvez pas, vous n’avez pas le droit d’échouer …. Interdit. On vous demande toujours de justifier vos échecs mais jamais comment vous avez rebondi, comment vous vous en êtes sorti. Il est éclairant de voir par exemple les différents types de questions que l’on peut vous poser lors d’entretiens d’embauche, axés en France sur les différents points d’accroche de votre CV et sur la manière la plus habile de vous mettre mal à l’aise et jamais de vous mettre à l’aise, en valeur et de voir comment vous vous en êtes sorti. Montrant ainsi des qualités toutes aussi intéressantes que les traditionnels hard skills : ingéniosité, résilience, créativité…

Il faut louer le courage, la force de caractère, l’auto persuasion qu’il faut pour se relever de certaines épreuves, dont on est responsable ou pas d’ailleurs. La vie se charge parfois de vous éprouver mais peut être pour une bonification nécessaire et salutaire aussi

Notre nouveau Président a échoué 2 fois lors d’un concours prestigieux et cela ne l’a pas empêché de faire autre chose, d’autres écoles prestigieuses et d’être élu plus jeune Président de la RF ! Et je vous passe l’éternel exemple de Steve Jobs

En tant que parent, le discours tenu justement face à la difficulté, à la nécessité de l’apprentissage, du temps, de l’acceptation des difficultés et des échecs, apprendre à ne pas se juger, à accepter ses erreurs et celle des autres, est essentiel et formateur. Notre société consumériste et  immédiate supporte difficilement la frustration des objectifs non atteints sur le moment. Et pourtant, un échec momentané ne préjuge en rien d’un échec futur. C’est au contraire en son sein que se trouve les racines du succès. Et quelle fierté d’avoir dépassé peurs, difficultés, contraintes et empêchements…. C’est sur la base de ces réalisations (dans le sens d’accomplissements) personnelles que se construit la véritable estime de soi (pas celle basée sur un statut, une rémunération,….), celle qui vous permettra de construire l’impossible car justement pour celui qui lutte et gagne, rien n’est impossible.

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I am a Digital Hippie :-)

And so proud to be !

Yeah ! Caus’ i feel i can reconcile naive and happiness dreams with efficiency, productivity and success. Why not being a hippie in a digital and tech world. World that I love cause it never is where it is expected to be.

Millenials have changed the rules. As Joel de Rosnay said, they are not looking anymore for a job. They are a looking for a role. I’ve been lucky enough to meet and work with many of them, very often quite gifted, talented and ultra smart. But i’ve been totally amazed to see that they do not really care about prestige, money, benefits and comps. Eventhoug it matters. Of course. But this is not what they are looking for… And thanks to them, i began to think about who i was myself, and about what i wanted….

Sure, i know that i was in contact with an ultra priviledged circle of them but nevertheless, their way of thinking is brand new for a girl like me. The digital natives do not seen the world the way i used to.

Today, the tech world is the fastest thinking, changing, creating…. everything. If you want to do something, to create something, to generate revenue, you’d better look at it and direct to it. To be in the digital world, that means being where it happens, with people who make it happen…. Just think about Google, Elon Musk, ecc…. working on immortality, or travelling to Mars !

To be a hippie, means to be a dreamer , to favour peaceful theories about mind and spiritual well-being, to gather quietly with your friends, children and animals and to observe the present moment without caring about the future and material things. Sorry for being a bit exaggerating but you get the idea….

So let’s figure out what could be a digital hippie !

Well, it could be a professionnal dreamer. It could be someone with recognized professional qualifications and achievements that would use his knowledge, experience, failures and successes to help building a better world. Now. Not in the future. It is someone who brings back a bit of humanity in a very competitive, sometimes harsh and violent environment. Someone that encourages others to slow down, to take time, to look at things differently.

A digital hippie loves the worlds is in, the people he works with, the excitment he gets at every new projects but he knows as well that it is not the point. The final goal. No, he knows that it is a just a way, a mean, and that he is very lucky to be part of it.

He knows that above all, what matters is what is inside you. Your values. Your hopes. Your kindness.

I am proud to be a digital hippie ! Today it makes sense but for many years people looked at me strangely, not understanding my yoga and meditation practices, my quest for spirituality and my simultaneous interest in tech and in business. Even myself, to be honnest , wandered a little bit in that apparent contradiction.

But this is not one. On the contrary, i feel today totally harmonious and aligned and my wish is to show and tell people that they can be everything, even what seems to be radically different, and to use my knowldege of business to spread wonderful hippie ideas.

Good vibes only

 

 

 

Rencontre avec mon ami Gaëtan De Lavilleon – Fondateur de COG’X : ” Les neurosciences offrent de nouvelles cl”s de lecture du quotidien”

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Bonjour Gaëtan !
En un mot, peux-tu te présenter et nous dire un mot sur ton parcours ?

Je suis docteur en neurosciences, et heureux cofondateur et directeur de l’agence Cog’X. Pour ce qui est de mon parcours, j’ai fait un cursus universitaire complet, jusqu’à l’obtention  d’un doctorat en neurosciences. Après plusieurs années de recherche fondamentale, durant lesquelles j’ai travaillé à mieux comprendre le rôle du sommeil dans la mémoire, j’ai décidé, avec d’autres chercheurs et des experts de la transformation du travail, de décloisonner les savoirs issus et laboratoires de recherche et d’apporter aux entreprises et à leurs salariés les connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain. Après quelques mois de réflexion et mise au point, nous avons créé l’été dernier une agence de conseil en innovation par les sciences cognitives : Cog’X.

 

Depuis un an, on entend beaucoup parler des neurosciences, des sciences cognitives, de psychologie cognitive et autre … Peux-tu nous aider à comprendre les subtilités de ces différents termes et ce que cela veut dire et regroupe ?

Il est vrai que les neurosciences ont particulièrement le vent en poupe ! Cette discipline a pour objectif de comprendre le fonctionnement du système nerveux. Mais on a parfois tendance à en oublier qu’elle font partie d’une plus grande famille : les sciences cognitives. C’est un regroupement de 6 disciplines : la philosophie, la psychologie, la linguistique, l’anthropologie, l’intelligence artificielle, et les neurosciences. Leur point commun est de viser à mieux comprendre le fonctionnement de l’esprit, de la pensée. L’intérêt des sciences cognitives est justement basé sur la diversité des approches : avec un peu de hauteur, elles permettent d’étudier des plus petits mécanismes qui régissent le fonctionnement de nos neurones, au travers des neurosciences moléculaires, aux mécanismes les plus larges, par l’analyse du comportement en société.

 

Pourquoi un tel engouement soudainement pour le cerveau ? En quoi est-ce un indicateur positif de l’évolution de notre société ?

Je pense que cet intérêt pour le cerveau vient de 2 raisons. La première est l’essor des neurosciences : chaque jour, des centaines de chercheurs à travers le monde offre à la société un peu de plus de connaissances sur le fonctionnement de cet organe incroyable. Mais chaque connaissance amène de nouvelles questions. Plus la société apprend à connaître le cerveau, plus elle est en devient curieuse.

La seconde est que notre monde change, et notre cerveau y prend de plus en plus de place. Il y a encore un siècle, la grande majorité des tâches nécessitaient un usage de notre corps. La récente révolution du travail (et plus globalement de la société), c’est une révolution informationnelle. Dorénavant, chaque tâche de la journée consiste à capter, traiter et transmettre des informations, toujours plus nombreuses. Notre cerveau subit, du réveil au coucher un bombardement incessant d’informations. Combien d’entre nous ont d’ailleurs comme premier et dernier geste de la journée de regarder son téléphone portable ? Se connectant ainsi depuis son lit aux médias, à ses ami(e)s mais aussi à ses collègues et supérieurs hiérarchiques !  

 

Concrètement, comment aides-tu les entreprises qui viennent te voir ? Quelles sont leurs problématiques et quelles sont des exemples de solution que tu peux leur apporter ?

Nous réfutons l’approche actuelle selon laquelle les neurosciences seraient une forme de « baguette magique », capable de tout expliquer, et donc de tout solutionner. Notre approche, héritée des années en laboratoire de mes associés et moi-même repose sur l’observation et le questionnement. Les neurosciences sont avant tout là pour offrir des nouvelles clés de lecture du quotidien. Avec ces clés, nous proposons donc aux managers et aux collaborateurs de repenser leurs méthodes de travail.

Mais penser ne suffit pas, il faut ensuite agir. Pour cela, nous intervenons régulièrement avec une agence spécialisée en transformation digitale des organisations, présente à nos côtés depuis le début de cette aventure. Nous proposons aux collaborateurs, seuls ou en équipes, d’expérimenter, pas à pas, pour trouver les méthodes qui leur correspondent. Cette méthode, avec l’observation, constitue la base de l’approche scientifique : se baser sur des faits et non sur des intuitions.

Nous travaillons aujourd’hui sur deux projets de ce type. Dans le premier, nous accompagnons un grand groupe d’assurance dans le déploiement du droit à la déconnexion. On a trop tendance à penser que ce droit ne concerne que les heures de repos. Or les neurosciences nous incitent au contraire à considérer les pratiques de connexion à chaque instant de la journée. Après avoir partagé cette vision avec le groupe de travail et les organisations syndicales en charge du sujet, nous devrions lancer des expérimentations dans ce sens dès 2018.

Chez l’un des grands opérateurs téléphoniques français, nous accompagnons les personnels de santé à repenser leurs outils de prévention des risques liés à la surcharge cognitive, cet état dans le lequel le cerveau n’est plus en mesure de traiter correctement les informations qui lui arrivent.

À une échelle plus large, nous proposons des contenus de formation sur la régulation de la charge cognitive au travail. Ces cartes de formations, nous les construisons avec une jeune start-up qui a développée une plateforme de formation en ligne qui repose justement sur les bases biologiques de l’apprentissage!   Ainsi, nous espérons pouvoir offrir au plus grand nombre possible de salariés les moyens de protéger leur cerveau de l’hyper-connexion et de la fatigue mentale.

 

Toi-même, comment mets-tu en pratique les principes que tu prônes et défends ? Quels résultats positifs as-tu observé ?

L’élément clé de nos recommandations réside dans l’expérimentation, afin que chaque personne et chaque collectif trouve les méthodes qui lui conviennent. Du coup, j’expérimente certaines pratiques depuis plusieurs mois. Certaines fonctionnent bien depuis le début, pour d’autres j’explore en permanence, jusqu’à trouver mon équilibre.

Une des méthodes que j’utilise depuis plus de 2 ans, c’est la micro-sieste. Lorsque ma journée le permet, je prends 15 minutes après le déjeuner pour m’isoler, fermer les yeux, et parfois m’endormir. Ce temps, même court, suffit au cerveau pour recharger les batteries et remettre à niveau les fonctions cognitives utilisées depuis le réveil. Ainsi, cela permet d’être plus efficace sur tout le reste de la journée. De plus, de nombreuses idées apparaissent à ce moment là. Il a été montré que le sommeil permet à notre cerveau de rejouer des informations, de renforcer des liens entre des souvenirs, voir d’en créer de nouveaux.

Sinon, je travaille aussi à réguler mes pratiques de connexion. Dès lors que j’ai besoin de me concentrer, et non pas de collaborer, je coupe toutes mes sollicitations, téléphone, mails, etc. Ainsi, j’arrive progressivement à mieux protéger et contrôler mon attention.

Enfin, à force de traiter quotidiennement le sujet, j’ai amélioré mes processus de métacognition. C’est le fait de penser sur ses propres pensées. Cela me permet de prendre détecter de façon plus précoce lorsque mon cerveau n’est plus en mesure d’être pleinement efficace. Ainsi, je peux donc agir plus vite, en faisant une pause active, une sieste éclair, en me coupant des sollicitations, ou en changeant d’espace de travail.

Quel est le danger à long-terme d’ignorer le fonctionnement du cerveau ?

Les conséquences d’un travail qui ne prend pas en compte les limites (et les forces) du cerveau, se font ressentir à deux niveaux. Tout d’abord pour l’individu : ne pas écouter son cerveau risque d’accroître les risques de fatigue, de pics émotionnels, de baisse de la motivation, voir dans les cas extrêmes, de burn-out. Mais les conséquences se font aussi ressentir sur le travail : si notre cerveau n’est plus en mesure de traiter efficacement les informations, des erreurs vont alors rapidement apparaître. Plus important encore, car les organisations ont tendance à l’oublier, mais cela va également réduire fortement nos capacités à collaborer et à innover !

Tout comme un sportif adapte son entrainement aux efforts qu’ils souhaite accomplir, il faut que les salariés, mais aussi les organisations, soient à l’écoute de cet organe qui nous est utile du lever jusqu’au coucher.

 

Si je te dis sciences cognitives, travail et bonheur, que penses tu ? Par exemple, que penses-tu de l’émergence récente de la notion de bonheur au travail et des fonctions afférentes comme celles de Chief Happiness Officer ?

Je dirais que je pense à une nouvelle voie d’innovation, et à Cog’X bien sur 🙂 Concernant la notion de bonheur au travail, je suis mitigé. Je trouve formidable que le sujet de la qualité de vie des individus au travail prenne une place plus important dans le débat public. Mais malheureusement, je trouve que le terme de « bonheur » renvoie à une notion beaucoup trop large et individuelle pour être traitée par l’entreprise. Or si nous commençons par utiliser un terme imprécis pour définir un problème, il sera impossible de trouver des réponses adaptées.

Concernant la fonction de CHO, je dirais que je suis tout aussi mitigé. C’est une très bonne chose que ce sujet s’incarne dans les organisations, notamment au travers de la création de postes. Mais malheureusement, j’ai le sentiment que cette fonction n’est pas suffisamment prise au sérieux aujourd’hui, peut-être car ses objectifs sont eux mêmes trop vagues. Ce qui me fait revenir à la notion de « bonheur ». Désigner des responsables du “bonheur” au travail, c’est prendre le risque de mobiliser des énergies vers le les mauvaises cibles. Pour nous, le véritable sujet est celui de l’équilibre plus que du bonheur. Ainsi, on peut définir des objectifs clairs, et surtout mesurables. Alors, il devient possible de quantifier les conséquences des actions menées, et d’avancer en se basant sur des faits.

 

Enfin, quelles sont tes sources d’inspiration et aurais tu des livres, conférences, films a recommander ?

Aujourd’hui, je recommanderais  Le cerveau attentif  de Jean-Philippe Lachaux. Ce chercheur en neurosciences, spécialiste de l’attention, explique avec beaucoup de pédagogie les mécanismes cérébraux sous-jacents à cette fonction cognitive essentielle, qui nous permet de comprendre le sens du monde qui nous entoure, mais aussi de penser, de raisonner. Il a également écrit Les bulles de l’attention, cette fois pour expliquer ces phénomènes aux plus jeunes. A côté de ces recherches, il œuvre à une action que je trouve à la fois originale et cruciale pour les générations futures : avec son projet Atole, il souhaite former les enfants à la maîtrise de leur attention. Dans un monde ou notre attention est devenue une ressource limitée, sur laquelle toute une économie est en train de se mettre en place, c’est un devenu un enjeu de société ! Sur ce sujet, le livre collectif L’économie de l’attention, est également très instructif.

 

Quels conseils aimerais-tu donner ?

Si je ne devais transmettre qu’un message, ca serait de s’observer et de s’autoriser à expérimenter en permanence. Il est crucial de prendre soin de notre cerveau, et donc de commencer par prêter attention aux signaux faibles du quotidien : un bâillement, un coup de fatigue, une difficulté à se concentrer, une émotion difficile à gérer. Dès lors que l’on prend conscience de ces phénomènes, on devient capable de questionner et de changer nos pratiques. C’est un processus qui prend du temps. Il n’y a pas de baguette magique. Mais j’ai l’intime conviction que c’est un levier extrêmement puissant pour trouver un équilibre durable tout au long de notre vie professionnelle.

 

MERCI !

Cendrine Genty : « Mon but ? Faire rayonner les autres et les mettre en lumière ! »

Cendrine Genty

 

A la rencontre de Cendrine Genty, auteur du livre « Le jour où j’ai choisi ma nouvelle vie, en quête de sens, en quête de soi. » paru le 19 octobre 2017 aux Editions Le Passeur. 

Elle nous parle d’elle, de son parcours et des ses valeurs. Un témoignage touchant, humaniste et fraternel. 

Cendrine : en quelques mots, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Mon parcours = une réalisation ré-ajustée en permanence au fil de ma vie et de mes envies ! Pour le meilleur et pour le pire 😉

20 ans plus tard, je constate que le choix de mes études correspond au fil rouge de mon parcours professionnel : deug Arts du Spectacle, Licence Information-Communication et DESS Journalisme Scientifique et Technique.

J’ai été 13 ans durant Journaliste puis Rédactrice en Chef et enfin Productrice d’Emissions de Télévision (“Pékin Express”, “Le Dîner presque parfait”, “Nouveau Look pour Nouvelle Vie”, “Business Angel, 60 jours pour monter ma boîte…), avec en parallèle des expériences de comédienne dont un des rôles principaux dans le long métrage “Les Eléphants” d’Emmanuel Saada, sélectionné au festival de Palm Springs et classé Arts&Essais. Avant de me lancer dans l’entrepreneuriat et de créer un concept digital et événementiel “L se réalisent”, d’écrire un premier livre “Le jour où j’ai choisi ma nouvelle vie, en quête de sens, en quête de soi”, Le Passeur Editeur qui sortira le 19 octobre 2017 et de me voir poursuivre le fil de ma vie professionnelle comme Conférencière (spécialisée dans la prise de risque, l’audace et le dépassement de soi), Journaliste-Animatrice de séminaires, d’événements et de conventions et Experte en storytelling, prise de parole en public et média training.

Et chacune de ces expériences suit le fil rouge non seulement de mes envies mais aussi de mes besoins, de mes contraintes et de mes rêves tout au long de l’évolution de ma vie personnelle..

Quels conseils donnerais-tu aux personnes en reconversion ?

  • De parler, rencontrer, échanger, écouter, lire, se renseigner sur tout ce qui permet d’en savoir plus sur le changement de vie professionnelle “dans la vraie vie”. La théorie, c’est bien, c’est nécessaire, mais avoir des retours quant à la mise en pratique, c’est vital.
  • Ne pas rester seul(e). Chercher auprès des personnes qui ont changé de vie pro par qui elles se sont faites accompagnées. Ne pas hésiter à appeler et rencontrer plusieurs professionnels de la reconversion pour faire son choix. De nature différente : organismes de formation, agences de reconversion, coachs, chambres de commerces…
  • Garder en tête qu’une phase de transition est incontournable et qu’elle fait partie intégrante du process. Et ne pas se trouver nulle parce que 6 mois après on n’a pas encore sa nouvelle vie professionnelle. Cette phase est incontournable pour en apprendre plus sur soi-même et identifier ses besoins et ses envies. Cela nécessite du temps, coûte de l’argent et demande (beaucoup) d’énergie.
  • Faire le point avec soi-même (en s’affranchissant de l’opinion des autres), de ce que l’on se sent capable de faire (et de sacrifier) pour répondre à ses besoins et réaliser ses envies.
  • Se montrer totalement honnête avec soi-même
  • Faire confiance en toute priorité à son instinct

Tu as créé une entreprise / fondation, peux-tu nous expliquer sa mission ? Quelles sont tes aspirations a travers cette création ?

Pour transformer mon projet “L se réalisent” en ma nouvelle vie pro, j’ai créé une entreprise il y a 2 ans, entreprise que j’ai liquidé 18 mois après car ce n’était pas la bonne structure, ni pour mon projet, ni pour moi. J’ai donc maintenant deux entreprises spécifiques, l’une qui est un fonds de dotation composé de 5 autres co-fondateurs. Ce fonds est la structure qui soutient mon concept L se réalisent, un programme digital et événementiel destiné à orienter, transmettre, partager et inspirer les femmes en quête de sens et de nouvelle vie professionnelle. Et mettre en lumière celles et ceux qui peuvent leur apporter les clés pour réussir leur projet de vie.
Et j’ai créé une seconde entreprise destinée à ma propre nouvelle vie d’auteur-conférencière et de journaliste-animatrice d’événements, conventions et séminaires.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer dans un projet entrepreneurial ?

  • Chercher les projets semblables aux siens et entrer en contact avec les personnes les portants. Savoir combien de temps cela leur a pris pour re-gagner leurs vies, savoir quels écueils éviter, quels obstacles seront inévitables… et trouver de l’aide pour les parties que l’on maîtrise le moins.
  • Ecouter les conseils des professionnels, chercher à comprendre chaque répercussion possible de leurs conseils, mais surtout, écouter (et suivre) son instinct. Ne pas prendre tous les conseils pour argent comptant. Se faire avant tout confiance même si on part du principe “que l’on débute dans l’entrepreneuriat” et que l’on n’y connaît rien.
  • Jongler avec cette dualité de questionner sans arrêt et de prendre conseil tout en se faisant sa propre opinion et en restant seul maître de ses choix !

Comment concilier cette fameuse quête de sens dont tu parles dans ton livre et les contraintes familiales, alimentaires ou autres qui parfois nous empêchent de nous lancer ?

Je crois que chaque personne détient ses propres recettes pour cela. Et surtout, son propre curseur de ce qu’elle peut (veut) accepter ou non.

Quand tu plonges dans cette quête de sens et de réalisation, tu pars à ta propre rencontre. C’est un véritable voyage composé de merveilleuse rencontres et découvertes, mais aussi de claques, de déceptions, d’épreuves et d‘obstacles à surmonter et dépasser. C’est comme de partir pour un très grand et long treak, mais à l’intérieur de soi.

C’est à la fois redoutable et fascinant. Et il n’y a qu’en expérimentant soi-même ce “voyage” que l’on obtenir ses propres réponses.

Après, cela me semble normal d’avoir des doutes et des peurs (des angoisses et des sueurs froides même souvent) face aux contraintes du quotidien qui peuvent nous entraver, car c’est la réalité. Elles existent pour de vrai. Là encore, c’est une question de choix et de curseur. Quelle est ma situation ? Est-ce-que je peux poursuivre en acceptant d’accentuer certains sacrifices ou est-ce-que je ne peux plus. Et pourquoi je ne peux plus ?

A un moment, j’ai cru que j’allais tout perdre car les conséquences de mon changement de vie ont eu des répercussions dans chaque domaine de ma vie : financier, amoureux, social, amical, familial. Quand personne ne voit où tu vas et pas même toi malgré tous tes efforts, c’est violent. C’est là ou chaque personne se retrouve alors seule face à elle-même, face à ses réactions. Face à ses choix. Elle est en grande partie là la fameuse “solitude” du dirigeant, de l’entrepreneur et, à mon sens, de chaque personne s’étant mise sciemment en danger en sortant du cadre.

Comment as-tu construit cette liberté intérieure qui t’a permis de te dégager des contraintes et des influences extérieures ?

Je crois que cela provient d’une double alliance, celle de ma personnalité (petite quand je disais “un jour je travaillerai en télé” et qu’on me répondait « impossible, ce n’est pas pour toi ce n’est pas ton milieu”  :j’avais beau n’avoir que 6 ans je répondais dans ma tête “oh que si je le ferai !”.

Et puis à ma personnalité se sont ajoutées les claques reçues dès l’adolescence notamment dans mes activités sportives (ex-sportive de haut niveau en danse). Face à la dureté d’un univers, ou bien on fait le choix d’arrêter les frais, ou bien on serre les dents, on ravale sa peine et on met son égo malmené au service des ses rêves et de ses objectifs. On le transforme en moteur.

Ce sont les premiers pas pour apprendre à s’affranchir du regard et de l’opinion des autres. C’est aussi ce qui apprend à “muscler son mental” pour, plus tard, ne pas craquer et tenir bon. Et se relever même après être tombé. Plus on l’expérimente tôt, plus on est “armé” par la suite.

Un troisième élément inattendu s’est greffé à cela durant ces dernières années, le fait de voir mon bébé grandir, ramper, se dresser, tomber, apprendre à marcher, re-tomber, se relever… me faisait voir au jour le jour combien tout cela était finalement normal.

Découverte, expérimentation, ratages = apprentissage. Et si je lui disais “allez mon p’tit bout, relève-toi, tout va bien, c’est normal de tomber tu apprends, recommence, regarde, tu peux le faire, tu l’as fait !”, je me devais de le faire moi aussi. Regarder au jour le jour mon bébé grandir et tout apprendre des bases de la vie m’a rappelé (et me rappelle) constamment les fondamentaux.

Peux-tu nous parler du rôle de l’intuition dans ton parcours ?

Le rôle de l’intuition est à mon sens fondamentale. C’est grâce à elle que j’ai pu pendant 36 ans réussir chacun de mes nouveaux défis, réaliser mes rêves et mes envies, par-delà les doutes et les difficultés. Et c’est parce que je l’ai soudain mise de côté (sans m’en rendre compte) lors de mon plongeon dans l’entrepreneuriat que j’ai failli totalement échouer. Et surtout, totalement me perdre.

J’ai mis beaucoup de temps à réaliser que je préférais “croire de parfaits inconnus plutôt que mon instinct sous prétexte que j’avais tout à apprendre dans ce nouvel univers. Apprendre les codes et les règles d’un domaine est une chose (et il le faut !), s’oublier en ne se considérant soi-même pas légitime pour choisir et pour décider est très dangereux. C’est se renier soi-même. Et dès lors, on ouvre grand la porte aux personnes malveillantes ou inconscientes de nos besoins. Donc écouter sa petite voix intérieure est absolument vitale.

D’après toi, comment mesurer la réussite d’un projet ? (Que faire quand tu es congruente avec toi-même mais que les résultats financiers ne suivent pas) ?

Tout dépend de tes objectifs et besoins. Pendant deux ans, j’ai été très fâchée contre moi et je me suis totalement dévalorisée à mes propres yeux. J’avais créé une communauté, lancé une marque, créé des événements qui ont réuni en 18 mois plus de 2 400 femmes et permis à de nombreux partenaires de trouver des clientes mais je n’avais pas réussi à me rémunérer pour tout ce travail effectué.

Je me trouvais nulle et résultat, je me considérais chaque jour passant comme de moins en moins légitime en tant qu’entrepreneur puisque je ne gagnais pas ma vie.

Et puis du jour au lendemain, j’ai inversé (grâce à l’écriture de mon livre) mon regard sur moi-même. J’ai considéré avec plaisir ce que j’avais su faire et concevoir et j’ai regardé les conseils que j’avais suivi au pied de la lettre. J’ai alors défait tout ce qui m’avait toujours posé instinctivement problème avec une distance nouvelle qui m’a permis de comprendre ce que je devais corriger. Et j’ai choisi de fermer ce qui ne fonctionnait pas. Ma première entreprise et l’association. Ca fait mal et pourtant, ça fait du bien ! Et cela nous a sauvé mon projet et moi.

J’ai alors re-découpé les objectifs en deux : ceux de mon projet. Et les miens ! Et de là, les choses se sont mises en place ! Et c’est un cercle cette fois vertueux et positif qui s’est mis en place. J’ai re-trouvé la force de dire “Non” à des conseils que je ne sentais pas et osé prendre MES décision. J’ai alors vu mon estime remonter petit à petit à la surface et ma confiance en moi revenir. Et les commandes ont commencé à (enfin !) arriver !

Toi qui as rencontré beaucoup d’entreprises dans le cadre de “L se réalisent”, quelles sont les postures de dirigeantes qui t’ont impressionnées et pourquoi ?

Celles qui sont parvenues à réaliser leurs aspirations et atteindre les fonctions qu’elles souhaitaient, dirigeantes salariées ou chefs d’entreprise sans se transformer pour autant.

Les femmes qui ont su combiner leurs compétences et leurs appétences pour évoluer, prendre des risques tout en restant humaines, et donc parfois vulnérables, m’inspirent.
J’ai eu la chance d’échanger avec nombre de ces femmes à l’occasion de mes Journées Solidaires “Femmes, L se réalisent” portées par Le Fonds de Dotation et quelle chance !

Non seulement elles existent pour de vrai mais elles oeuvrent qui plus est avec beaucoup d’audace, de courage et de ténacité pour faire bouger les lignes. Et faire évoluer la société.
Ce sont elles qui parviennent à me faire rêver ! C’est pour cela qu’il m’a semblé vital de les mettre en lumière ! Elles inspirent et fédèrent, c’est important de les connaître et de les faire rayonner, elles et leurs actions.

Si je te dis travail et bonheur, que penses tu ? Que penses tu de l’émergence forte de la notion de bonheur au travail et des fonctions afférentes comme celles de Chief Happiness Officer ?

Que c’est un sujet bien vaste car il associe plein de choses différentes. Chacun a sa propre définition de “son bonheur au travail”, le point commun étant en général de se sentir à sa place, reconnu pour son investissement et son apport, et de fait, utile et respecté.
Etre bien dans ses baskets au travail est l’un des meilleurs booster de confiance en soi et de moral au quotidien ! Maintenant, c’est compliqué. Les paramètres sont nombreux pour concilier bonheur et travail.

On peut ne plus aimer son travail, le quitter et être malheureux tant que l’on n’a pas retrouvé une activité nous re-donnant envie. On peut aimer son travail mais être extrêmement malheureux au sein de son entreprise. Parce qu’une seule personne peut transformer votre vie en cauchemar au sein d’une société. On peut se sentir plutôt bien dans son entreprise mais ne plus trouver goût à son travail. Et puis il y a cette obsession des entreprises pour le présentéisme à outrance qui peut transformer le quotidien en cauchemar et rendre profondément malheureux quand bien même on aime son travail.
J’imagine que tous ces paramètres et d’autres encore ont entraîné et favorisé l’émergence de cette notion de bonheur au travail et de chieff hapiness officer. Après, il me semble que ces notions ont été (trop) utilisées à tout va et malheureusement galvaudées. Et qu’actuellement chacun colle à sa vision personnelle sa définition du “bonheur au travail” et sa représentation de ce qu’est un chieff hapyness.
Le côté positif de tout cela est qu’il y a plein de belles choses à faire et mettre en place !

En deux mots, comment définirais tu l’optimisme et le bonheur ?

L’optimisme, regarder la face malheureuse d’une situation ou d’un état et soudain, se rappeler qu’il y a une autre face à tout et chercher ce qui peut en ressortir de bon et de motivant. Pour impulser une nouvelle action et de fait, une nouvelle dynamique.
Le bonheur, se sentir bien dans ses baskettes. Centré(e) et bien axé(e). Raccord avec soi et ses aspirations.

Enfin, quelles sont tes sources d’inspiration ? Aurais tu des livres, conférences, films a nous recommander ?

Les conférences TedX ! Quelle incroyable puissance fédératrice et inspirante !

Et ensuite de lire ou regarder ce qui nous donne envie, et surtout, ce qui nous fait du bien ! Que ce soit du développement personnel, de la philosophie, de l’art, des guides et des méthodes ou bien des polars et des romans. Se remplir de ce qui nous porte et transporte est vital et très personnel.

J’adore de mon côté les récits d’aventures et de dépassement de soi. Le film produit par Reese Witherspoon “Wild” m’a fait un bien fou à un moment où je me sentais au fond du gouffre. Il m’a fait prendre conscience du parallèle entre la situation du personnage et la mienne, elle en pleine nature, moi, à l’intérieur de ma tête et de mes pensées.

Dans un autre genre, j’ai aimé le livre “Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre” de Elisabeth Gilbert et j’ai également découvert la collection “Bouillon de poulet” ! Bouillon de poulet pour l’âme, pour les femmes, pour l’âme au travail… Alors ça, ces petites histoires vraies m’ont fait rire, pleurer, croire, espérer, vouloir…! De vraies petites bulles colorées de sentiments et d’émotions, porteuses d’espoir.
Et dans un tout autre genre, pour décompresser, rire et souffler, je suis fan des vidéos de Camille & Justine !
Et bien sûr, de s’abonner à la page facebook d’Inspiration, de Partage et d’Informations de L se réalisent.

Pour conclure, quel conseil aimerais-tu donner à nos lecteurs ?

Croire en soi et se respecter !!!

Au secours, je procrastine, je multitaske et au final…. je ne suis ni efficace ni satisfaite.

L’une des premières conditions du bien-être,  au travail ou ailleurs, c’est avant tout un sentiment personnel de satisfaction. Devant une tache menée à bien, achevée et si possible dans les temps et dans des termes jugés satisfaisants par notre personne !

Je ne sais pas si vous êtes  comme moi mais, trop souvent, la journée se termine et j’ai l’horrible sensation de ne rien avoir fait alors que pourtant j’ai passé ma journée à courir, à répondre à des emails ou à des sollicitations diverses, perso, pro, essentielles ou métaphysiques.

Or cette sensation de frustration est loin d’améliorer les choses, elle ne fait que les empirer. Et perpétuer un cercle qui va vite devenir vicieux : mauvaise organisation, taches inachevées, frustration, procrastination, réponse dans l’urgence et ca recommence….

Ne nous attardons pas sur les méfaits de la procrastination et du multitasking.  Ces arts subtils et tellement bien maitrisés du tout ou rien. Néanmoins, le multitasking me semble bien plus vicieux et pernicieux puisque c’est une conséquence directe d’une soi-disante amélioration des conditions de travail. Plus nous avons accès à “l’information” (ou à toute source de contact avec l’extérieur), plus nous utilisons cet accès, plus nous multiplions l’utilisation d’outils permettant cet accès et plus nous rentrons dans une spirale infernale d’avidité, de savoir, d’information, de contacts virtuels plus que réels et de sources d’égarements….

La société consumériste dans laquelle nous vivons, l’innovation technologique constante, les possibilités infinies de la connectique de demain  nous poussent à cette consommation non contrôlée et très désorganisée. Or, le bon sens et les neurosciences, désormais, expliquent et communiquent de plus en plus sur les effets néfastes de ces pratiques sur le cerveau en termes d’efficacité amoindrie, de perte de créativité, d’attention moins soutenue, de capacité de concentration affaiblie, et j’en passe. C’est du coup cette même société consumériste qui a créé la conséquence directe de cette tendance, son alter-ego, son frère ennemi : la procrastination.

Au delà du besoin de ré-organisation différente et presque  nécessaire, c’est aussi et surtout un besoin presque vital de déconnection qui s’impose à nous.

Alors que faire ? Loin de moi l’idée de donner des leçons mais simplement de partager une petite liste non exhaustive de bonnes et très bonnes idées, testées et éprouvées :

Dans le chapitre “RALENTIR” pour mieux appréhender les choses :

  • pratiquer la pleine conscience ou la méditation ou le recentrage via un exercice de respiration consciente de 5 mn (idéalement 3 fois/jour) – au réveil ou en marchant ou en arrivant au bureau ou avant une tache / réunion / décision importante,
  • si possible faire un break aéré / pause intellectuelle / exercice d’écriture créative (écrivez ou dessinez par exemple 10 fois une phrase positive – sorte de mantra personnel – de la main gauche) de 5 mn entre chaque tache / réunion,
  • s’astreindre (attention difficile) à ETEINDRE son téléphone portable / ordinateur pendant toute réunion/conférence/rendez-vous/… (ce devrait être la moindre des politesses mais l’usage de ces dernières tend hélas à péricliter),
  • déjeuner, parler, échanger sans device, aucun….

 

Dans le chapitre “DEVELOPPEMENT PERSONNEL” pour mieux clarifier les choses:

  • en début de journée, semaine, mois, n’hésitez pas à faire une liste de vos priorités (pas toutes hein ! les plus importantes) et de vos rêves aussi et visualisez-vous en train de les vivre / realiser !
  • en cas de temps libre, dessinez-les, appropriez-vous les de manière créative et sensorielle,
  • Les “bullet journals” que l’on peut trouver sur Pinterest sont idéaux pour mixer objectifs et planifications.

 

Dans le chapitre “ORGANISATION” pour mieux anticiper les choses :

  • identifiez les taches prioritaires et commencez par elles !
  • alternez plaisir et obligation, une tache compliquée, une satisfaisante et/ou gratifiante
  • sachez vous faire plaisir quand vous avez terminé
  • planifier des plages horaires pour chaque tache (des plus simples aux plus compliquées). Attention c’est vraiment là que réside le secret le mieux gardé, le mieux répandu et en même temps le plus efficace contre le multitasking ET la procrastination. Planifiez TOUT ! Plage lecture de mail, plage réponse aux emails, plage sms, plage créativité, plage rien, plage méditation, plage déjeuner, plage discussions informelles…. ne laissez rien au hasard et ne prévoyez pas de plages trop longues (le cerveau a du mal à se concentrer plus de 2 heures…).
  • séquencez vos actions, plus une tache à réaliser est importante, plus elle semble irréalisable, le séquençage aide à se fixer des objectifs atteignables et donc satisfaisants
  • bien sur, ne faites qu’une tâche  à la fois ! Quelle satisfaction quand elle est terminée !

Et vous quels sont vos trucs ?

 

 

 

Stop au “bonheur”. Place à la cohérence

Quitte à paraitre contradictoire et quitte à laisser les lecteurs ébahis, il est temps de tordre le coup à cette notion de bonheur au travail.

Plus j’y réfléchis et plus les rencontres que je fais me laissent penser que la notion de bonheur au travail ne veut rien dire. Oui c’est un peu provocant mais à plusieurs titres, cette notion est tout aussi réductrice qu’elle est vaste.

Alors pourquoi lancer ce pavé dans la mare ? Et bien parce qu’à force de parler d’une notion qui est plus philosophique qu’autre chose, on ne fait décrédibiliser les prises de conscience afférentes, les bonnes volontés qui s’y penchent et les méthodes qui en découlent.

Plaçons nous tout d’abord du point de vue de l’entreprise.

Le but de l’entreprise en tant qu’organisation et que centre de profit n’est pas de rendre les gens heureux. Voila c’est dit, c’est tout. C’est comme ca.

Le but de l’entreprise c’est de créer quelque chose, un produit, un service, une idée et de le monétiser afin d’en tirer un revenu et un profit. Voila sa raison d’être. Je rêverais d’un modèle societal où le but de l’entreprise serait de rendre les gens heureux mais cet objectif doit plus être le résultat d’une quête personnelle que l’aboutissement d’un modèle organisationnel imposé.

L’entreprise en tant qu’organisation à les moyens de rendre les conditions de travail acceptables voire épanouissantes et elle peut (si ce n’est doit) s’en faire une mission et s’en declarer le garant mais ce n’est pas sa nature. Et en attendre cela, c’est se fourvoyer et se preparer au pires déceptions. En effet, comment atteindre un but qui est par nature inatteignable car juste hors de propos.

L’individu, quand à lui, a une conception du bonheur qui est tout aussi personnelle qu’elle est multiple. Chacun voit le bonheur à sa porte d’une manière relative et changeante. Matérielle ou spirituelle, égoïste ou collective, philosophie ou pragmatique…

Comment vouloir alors créer un concept, le bonheur au travail,  sensé répondre à des attentes qui sont aussi nombreuses qu’il y a d’individus.

Le but ici n’est pas d’abandonner un idéal et de faire taire les différentes voix qui s’élèvent, enfin, dans le monde du travail. Non, il s’agit simplement de bien nommer les choses afin de redonner de l’ampleur et du crédit à des objectifs nobles : ceux qui consistent à améliorer les conditions de vie et de travail des collaborateurs des organisations (salariés ou non). Il est trop dommage, et hélas désormais commun, que le débat s’arrête des que le mot bonheur au travail est prononcé.

Un questionnement sur son principe et sa denomination s’impose.

On sait, de par nos experiences personnelles et grâce à de nombreuses études, que le sentiment de bien-être au travail est profondément lié au sens, à la reconnaissance du travail fourni et aux relations sociales et interpersonnelles. J’omets volontairement les notions de confort et de rétribution qui sont essentielles mais pas fondatrices. Bien.

Mais alors cette notion de bien-être, d’épanouissement voire d’accomplissement ne serait-elle pas également profondément liée au sentiment rare d’être à sa place. Etre en accord avec ce que l’on est, ce que l’on croit, ce que l’on sait faire. On parlerait alors de cohérence, de congruence, mieux d’évidence. L’organisation peut rentrer en place dans ce processus et permettre notamment grâce à un recrutement affuté, précis, atypique et à une gestion de carrière suivie et attentive d’accompagner l’individu (le talent) dans ce sens. Et les institutions également en laissant le droit à l’erreur, en favorisant la formation, en acceptant et en encourageant les reconversions. Bref en accompagnant l’être humain dans un parcours de vie qui ne peut être linéaire et tracé par avance.

 

L’expérience prouve que les gens les plus en cohérence avec leur personnalité, leurs talents (pour peu qu’ils les connaissent) et leurs aspirations et qui font des choix en conséquence sont ceux qui sont les plus heureux dans leur job. Et donc dans leur vie.

C’est un travail. Différent de celui qui nous nourrit. C’est aussi un travail. Celui de toute une vie.

 

 

 

 

 

 

 

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